La taxe sur les transactions financières alourdie à l’Assemblée

Les députés ont voté dans la nuit de jeudi à vendredi l’augmentation de 0,2 à 0,3% de la taxe sur les transactions financières (TTF). Cette mesure, destinée à favoriser l’aide publique au développement, pourrait rapporter plus de 20 milliards à l’Etat. 

Dans le cadre du Projet de Loi Finances (PLF), les députés ont voté, dans la nuit du 15 au 16 décembre, la hausse de la taxe sur les transactions financières (TTF). Même si l’augmentation est prévue pour janvier 2018, les ONG sont nombreuses à se réjouir de cette « avancée historique » dans le domaine de la finance qui pourrait rapporter jusqu’à 22 milliards d’euros.

Une victoire des ONG

Placée au centre du débat européen depuis octobre dans dix pays – Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal, Slovaquie, Slovénie – la TTF fait son chemin. Proposée pour la première fois en 1972 par le prix Nobel d’Economie James Tobin, la taxe a subi un lobbying monstrueux des entreprises qui ne voulaient surtout pas d’elle. Mais aujourd’hui, la majorité parlementaire, inquiète de ne pas pouvoir rembourser la baisse des CSG pour les retraités modestes, a décidé de se ranger du coté des ONG.

 

 

Mauvaise idée en période de Brexit

Malgré le bénéfice que pourrait rapporter cette taxe, certains détracteurs sont formels : celle-ci est une mauvaise idée pour la croissance française. En effet, tant que cette loi n’est pas européenne, la France sera vue comme le pays le plus cher en terme de transactions financières. Pour Denis Lapallus, journaliste spécialisé en finance, « la place de Paris renonce ainsi à tout espoir de voir arriver de nouvelles sociétés financières cherchant un lieu d’implantation suite au Brexit ». Certains députés ont déclaré vouloir attendre que la taxe soit européenne avant de l’appliquer afin de ne pas discréditer la France par rapport aux entreprises étrangères. La taxe sera effective au minimum en janvier 2018, de quoi laisser le temps au débat européen d’aboutir.

Romain Philips

Écrit par iejpedago