La sortie de Manuel Valls sur Ali Bongo

Samedi soir, dans l’émission de Laurent Ruquier « On est pas couché », le premier ministre Manuel Valls a sous entendu que le chef de l’Etat gabonais Ali Bongo n’avait pas été élu démocratiquement. Ses propos suscitent la polémique au Gabon. Selon RFI, l’ambassadeur de France, Germain Ngoyo Moussavou a même été rappelé pour consultation.

Pour Laurent Ruquier, l’émission de samedi soir dernier fut une première, celle de recevoir un premier ministre encore en fonction. Un moment marqué par un échange tendu entre l’humoriste Jeremy Ferrari et Manuel Valls. Le sujet de désaccord : la politique française en Afrique. L’humoriste prend la parole et évoque la présence absurde d’Ali Bongo au défilé de Charlie Hebdo (lors de la marche du 11 janvier 2015). « Comment vous expliquez qu’Ali Bongo se retrouve en tête d’une marche pour la liberté d’expression ? » a demandé l’humoriste à Manuel Valls, dont la réponse a été « Vous retenez Ali Bongo, moi je retiens le président de l’autorité palestinienne, le premier ministre Israelien et surtout un autre président élu lui, Ibrahim Boubakar Keita, le président du Mali ». Jeremy Ferrari rétorque ensuite « Parce qu’il n’est pas élu, Ali Bongo ? », Manuel Valls répondra « Non…Pas comme on l’entend ». Une réponse sommaire qui n’est pas passée inaperçue au Mali.

Le 3 septembre 2009, Ali Bongo (fils du chef de l’Etat décédé qui avait exercé sont mandat de 1967 à 2009) a été élu président de la République du Gabon avec 41,73 % des voix, lors d’un unique tour. Cette victoire avait été immédiatement remise en cause par l’opposition, qui depuis, conteste sa légitimité au pouvoir.

Cette phrase lâché par le premier ministre a été lourde de sens. Elle n’est pas celle que les Français ont le plus retenu, leur attention d’abord attiré par le clash humoriste/premier ministre. Cependant, dimanche soir, le ministère des Affaires étrangères gabonais, Pacôme Moubelet Boubéya a fait une annonce disant que Libreville (capitale du Gabon) rappelait son ambassadeur en France, Gemain Ngoyo Moussavou pour « consultations ». Un acte qui pourrait marqué le début d’une «mini-crise » diplomatique.

Lena Fischer

Écrit par Lena Fischer