La RATP, première entreprise d’embauche des personnes fichées S, jure qu’elle n’est pas au courant

Samy Amimour, l’un des assaillants du Bataclan a travaillé pour la RATP pendant 15 mois jusqu’en 2012. Depuis que cette information a été rendue publique, la société de transports est pointée du doigt. Et pour cause, selon Le Parisien, de nombreuses personnes fichées S travailleraient au sein de la RATP, la société serait même celle qui emploie le plus de personnes fichées S. 

 

Selon une source anonyme qui s’est confiée au Parisien, « Pour éviter le caillassage des bus dans certains quartiers, [la RATP] a embauché des grands frères au profil peu recommandable. Depuis, elle fait le ménage ». Ces incidents auraient lieu dans des endroits spécifiques comme Nanterre (Hauts-de-Seine), Charlebourg à La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Parmi les 17 000 conducteurs, la RATP aurait constaté une multiplication des incidents liés à la religion islamique depuis environ cinq ans. Ces comportements ont été dénoncé par Christophe Salmon, le responsable de la Confédération Française du Travail  (CFDT) qui a confié au Parisien qu’il existait des « déviances graves »  comme « le refus de serrer la main de collègues féminines, ou le refus de prendre un bus qui a été conduit par une femme. » En effet, les employées se plaindraient de la façon dont elles seraient considérées par certains de leurs collègues masculins.

 

Depuis 2005, il existe une clause qui stipule dans le contrat de travail, des salariés de la RATP, un devoir de laïcité et de neutralité. Cette clause a été renforcée, il y deux ans, par un code de conduite et un guide mis à disposition des managers. Elisabeth Borne, la PDG de la société de transports a affirmé qu’aucun écart en matière de laïcité au sein de l’entreprise n’avait été signalé pour l’instant depuis son arrivée (en mai 2015) mais que « s’il devait y en avoir, tout ce qui est sanctionnable sera sanctionné ». .

Elisabeth Borne a ajouté qu’en matière de recrutements, « on est extrêmement vigilant », « toute personne qui postule à la RATP doit fournir un extrait de casier judiciaire ». La régie des transports parisiens a précisé sur Twitter ne pas avoir connaissance ni accès aux fiches S comme tout employeur. La RATP a également tenu à divulger un communiqué de presse afin de répondre à la polémique.

Cependant, dans Le Parisien, le directeur de cabinet de la PDG, Jérôme Hamois assure que « des personnels ont été sanctionnés pour des faits religieux ». En revanche,  il confirme que « sur les fiches S, nous n’avons aucune information. Mais dès que les autorités nous informent, nous prenons les décisions qui s’imposent ».

 

 

© Twitter Groupe RATP

© Twitter Groupe RATP

 

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Julie Noyer

Écrit par Julienoyer