La prolongation de l’état d’urgence fragmente la classe politique

Pour la deuxième fois depuis l’instauration de l’état d’urgence en France après les attentats du 13 novembre, la question d’une nouvelle prolongation revient au centre des débats politique et divise.

C’est le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone qui a annoncé la nouvelle « tout à fait probable » mercredi, au sortir d’une réunion à l’Élysée avec François Hollande. Contrairement au mois dernier où l’unanimité était de mise, c’est aujourd’hui un débat plus ouvert entre les différents partis politiques, et en leur sein même.

Claude Bartolone a annoncé une possible prolongation de l'état d'urgence en France

Claude Bartolone a annoncé une possible prolongation de l’état d’urgence en France (source : Wikimedia Commons)

Le 19 novembre, seulement six députés avaient voté contre l’état d’urgence. Aujourd’hui, l’opposition avec les Républicains en tête, doutent de la nécessité de l’État d’urgence. À commencer par Hervé Mariton, député de la Drôme : « L’état d’urgence après le 13 novembre était indispensable. Son prolongement l’était aussi. Aujourd’hui, je ne sais pas. Et il ne faut pas qu’il y ait un réflexe automatique » a-t-il expliqué à Sud Radio. »

Mais au sein même la droite, les avis divergent. Valérie Pécresse, l’une des cadres de la droite républicaine, a estimé cette prolongation «souhaitable, en tous cas le temps qu’on stabilise les réponses durables que nous allons donner à la menace terroriste», dans des propos retranscrits par le Figaro.

 

Le débat sur l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution relancé ? 

Bruno Le Roux relance le débat sur l'inscription de l'état d'urgence dans la Constitution

Bruno Le Roux relance le débat sur l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution (source : Flickr)

À gauche, le chef des députés PS Bruno Le Roux, se range volontiers derrière le gouvernement. Dans le Scan, il affirme qu’il « serait hasardeux de baisser la garde maintenant. » Le député de Seine Saint-Denis «ne voit pas de problème» à ce que l’état d’urgence soit prolongé. Mais là encore, rien n’est simple. On se souvient des trois élus socialistes qui avaient voté contre le prolongement de l’état d’urgence le 19 novembre et qui avaient ensuite du fournir des explications à Solférino, au siège des socialistes.

D’ailleurs, Bruno Le Roux nuance ses propos, et relance le débat sur l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution : «C’est pour ça que nous allons débattre pour l’inscrire dans la constitution: car la menace est toujours présente. », résume-t-il. À ce sujet, les explications de textes qui pourraient suivre entre les députés risquent, plus que jamais, d’être tendus.

Sylvain Labourdette

Écrit par Sylvain Labourdette