La présidente du CNNum, en désaccord avec le gouvernement, démissionne

En désaccord avec le ministre Majjoubi, la président du Conseil du numérique jette l’éponge.  Crédits: Leweb photo

 

Les prémices de cette nouvelle instance, à peine créée, semblent compliqués. Marie Ekeland, la présidente fraîchement nommée, claque la porte au bout de huit jours.

Huit petits jours. C’est peu dire que la présidence  Marie Ekeland, à la tête du Conseil National du Numérique (CNNum) fut brève ! Officiellement présentée lors d’une conférence de presse en présence du ministre Mounir Mahjoubi, la présidente jette déjà l’éponge.

Fondatrice du fonds de capital risque « Daphni », proche d’Emmanuel Macron, dont elle avait contribué à la campagne sur le volet numérique, Marie Ekeland semblait avoir le profil idéal pour s’adapter à ses nouvelles missions… D’autant plus que le Président de la République attend beaucoup du CNNum, qu’il voit comme le lien qui permettra enfin de fédérer les acteurs de la French Tech quelque peu dispersés à ce jour. Mais le CNNum, au-delà de ce rôle, devait permettre de conseiller le gouvernement sur les grandes orientations en matière de numérique et de nouvelles technologies. Un axe fort de la campagne d’Emmanuel Macron.

Une composition en forme de casse-tête

A peine nommée, c’est la composition du conseil d’administration censé entourer Marie Ekeland qui pose problème. La volonté de cette dernière d’intégrer à ses côtés le rappeur Axiom, mais aussi et surtout la militante féministe et antiraciste Rokhaya Diallo a suscité les débats. En cause, le profil quelque peu polémique de ces deux personnalités décriées.

Dès qu’elle a été annoncée, la nomination de Mme Diallo a suscité une bronca politique et médiatique qui a poussé Mounir Mahjoubi à demander à ce que cette intégration soit annulée, désavouant par là Marie Ekeland, toute récemment nommée à la présidence du CNNum.

Un départ précipité pour Marie Ekeland

Un premier accroc qu’elle n’a pas accepté, estimant que cela remettait en cause des principes auxquels elle était particulièrement attachée : “La forme actuelle de nomination et de fonctionnement du CNNum porte à confusion et ne peuvent pas garantir son indépendance, déplore-t-elle.

Elle assimile cette décision à un désaveu de sa volonté d’ouvrir le Conseil et ses trente membres à des personnalités en dehors du monde du numérique. Déjà, les premiers membres du Conseil d’Administration commencent à suivre leur présidente, et les autres ne devraient pas tarder à quitter l’instance.

Mounir Mahjoubi, le ministre en charge de la question, se serait bien passé d’une telle polémique, qui fait mauvaise impression huit jours après la présentation de la présidente du CNNum. Mais ce dernier assume, insistant sur le fait que “le CNNum n’est ni un parti politique, ni un lobby, ni une force d’opposition”. De plus, le ministre regrette que “le débat se soit porté sur d’autres sujets que le numérique, ce qui rend l’instance inaudible. L’équilibre subtil entre le gouvernement et le CNNum a été cassé”.

Mounir Mahjoubi et le gouvernement auront en tout cas beaucoup de travail pour recréer une dynamique capable de relancer le CNNum, sur lequel ils fondaient pourtant, beaucoup d’espoirs.

 

 

Noa Bettan

Illustré par Benjamin Teil

Écrit par IEJ3B