La pédale verte

Vélorution est une contraction surprenante  de « révolution » et un deux roues. Son seul carburant, la sueur du front et des mollets. L’association éponyme s’est installée près de la ….. Implanté à Paris depuis plus de 20 ans, le local vélorutionnaire de l’association jouxte la place de la Bastille. Tout un symbole.

Leur vélosophie? Paris dépêtrée de voitures, responsables à 62% d’émissions de particules fines et gaz à effet de serre (Source AVEM). Ce sont eux les principaux responsables de la pollution de la capitale.

« Une seule solution c’est la Vélorution ! », « Libérez les piétons qui sont dans les voitures ! », « De l’air ! » sont les slogans scandés par les écologistes parisiens de Vélorution dont la clameur ne laisse personne indiffèrent.

Dans cette mouvance proche des jeunesse écologistes, 200 militants ont des idées pro-vélo, glanées lors de la lecture du « Manifeste Vélorutionnaire » de l’essayiste Jean-Jacques Pauvert qui fait l’apologie du déplacement propre et blâme les moteurs diesels dans les grandes métropoles.

Les Amis de la Terre 

A l’origine de Vélorution, l’association de défense la protection de l’homme et de l’environnement « Les Amis de la Terre »  qui, dans les années 70, fait germer le déplacement à vélo. La cause? Une manifestation qui à l’époque avait réuni 10 000 cyclistes contre un projet d’autoroute qui devait longer la Seine et traverser la capitale d’est en ouest.

Depuis quarante ans, le phénomène à pris de l’ampleur en France et dans les capitales Européennes. Chaque rassemblement varie entre centaines et  milliers de participants (de 6000 à 50 000 cyclistes à Budapest en 2007). Elles se tiennent régulièrement dans de nombreuses villes sur les cinq continents pour porter les valeurs écologistes du mouvement. Au fil des années, les Vélorutions ont parfois pris d’autres noms : VéloParades, Masses Critiques, Manifs ou Balades à vélo, etc.

L’esprit vélorutionnaire est transversal, il aborde aussi bien des problématiques économiques, politiques, environnementales, de santé et de salubrité publique. L’objet « vélo » n’est qu’un prisme pour une révision et une critique plus globale des grandes métropoles ne laissant qu’une place infime au déplacement propre.

Verts de rage

Présentée comme un « isolant social », la voiture est la bête noire de l’association. Dangereuse, bruyante et grignotant les trois quart de l’espace public, l’association met en garde: « il va falloir apprendre à vivre sans pétrole dans un futur presque imminent. »  estime Vincent Time, militant révolutionnaire. Tous les 21 de chaque mois, Vélorution organise une chaîne de vélos tentaculaire à Paris, rassemblant tous les écolos et autres sympathisants du mouvement en confinant les voitures dans des espaces restreints, une manière de limiter la circulation un maximum.

Le local vélorutionnaire propose également des réparations de vélo à travers un atelier participatif associatif en mettant la mise à disposition d’un certain nombre d’outillage et de pièces détachées. Une manière d’entretenir et de réparer son vélo pour une cotisation annuelle de 10 euros.

Vincent Time, gérant du local à vélo nous explique son militantisme anti-pollution aux cotés de Vélorution :

Actions de vélorutionnaires aux abords du périphérique de la capitale (source Twitter) :

Paris a été le théâtre de pics de pollutions en juillet 2014 et les 20 et 21 mars derniers, contraignant les services de transports en communs (STIF) à rendre accessible les transports en commun afin d’éviter que habitants inhalent des millions de particules fines. Cette pollution est arrivée à son paroxysme faisant de Paris la ville la plus polluée au monde, devant Shanghai.

Lucie Albertini

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Écrit par solit