De Bastille à Nation : la manifestation du 1er mai perturbée par des casseurs

Le traditionnel défilé de la Fête du Travail, dimanche 1er mai, était, pour des milliers de participants, une occasion supplémentaire pour manifester contre la loi El Khomri. Dans la continuité de Nuit Debout, des tensions ont émergé boulevard Diderot puis se sont intensifiées Place de la Nation et Place de la République. Au total, le bilan fait état, pour Paris, de 2 blessés et 12 interpellations pour jets de projectile et port d’arme prohibée. 

Vers 15h, la manifestation commence au départ de place de la Bastille dans une ambiance calme et bon enfant. Chacun portait dans le calme son message à sa façon : du chanteur de rock qui fredonnait pour l’occasion « du Flamby » à la jeune fille équipée d’un casque et de lunettes brandissant le panneau  « je vais peut-être perdre un oeil ». Mais très vite, des casseurs ont perturbé le rassemblement.

Des violences répétées

Peu après le départ de la manifestation, vers 15h40, boulevard Diderot, des jeunes cagoulés et casqués jettent sur les forces de l’ordre des bouteilles et crient « Tout le monde déteste la police ». L’intensité de la violence se développe ensuite vers 16h. Cette fois, c’est un groupe de 300 individus qui lance des projectiles sur les forces de l’ordre rue Crozatier. Les CRS ripostent :  gaz lacrymogène, bombes assourdissantes… Puis scindent  la manifestation en deux à l’aide d’un cordon contraignant les manifestants à rester bloqué pendant un certain temps.

Vers 19 heures, une demi-heure après l’arrivée des manifestants place de la Nation, les CRS reçoivent de nouveau des projectiles de plusieurs « individus violents », selon la Préfecture de Police.

Les forces de l’ordre répondent alors de nouveau par de nombreux tirs de  lacrymogène pour faire disperser la foule et bloquent chaque artère de la place de la Nation.  « Deux personnes ont été blessées légèrement : un manifestant a été touché à la jambe et un CRS a reçu un projectile au niveau de la mâchoire« , a précisé le préfet Michel Cadot.

Reprise des confrontations Place de la République

Selon les forces de l’ordre, les manifestants qui ont jeté des projectiles sont principalement des jeunes d’extrême gauche antifascistes, « zadistes, précaires, squatteurs, libertaires, ce sont des anarcho-autonomes » ou des adhérents du MILI Mouvement Inter Luttes Indépendant, un réseau qui se développe de plus en plus dans les lycées et via les réseaux sociaux. Pour un de ses militants, la violence est clairement une forme d’expression.

Malgré une ambiance festive Place de la République après le concert du chanteur Nekfeu, quelques manifestants ont ensuite réitéré vers 22h où siège le mouvement Nuit Debout depuis un mois. Dans un communiqué, la préfecture de Police explique que 300 à 400 personnes ont mis le feu à des cagettes et poubelles au centre de la place et descellé des pavés et plaques d’égoûts pour les jeter sur les forces de l’ordre et sur la vitrine d’un magasin de sport. Deux autres personnes ont été interpellées.

Manuel Valls avait mis en garde les manifestants  quelques heures avant le début du cortège  « Nous répondrons avec la plus grande détermination face aux casseurs que je ne confonds évidemment pas avec les manifestants. Chacun doit prendre ses responsabilités quand on organise une manifestation ».

Écrit par Estelle Gousson