La maison d’arrêt de Fresnes pointée du doigt

La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté a publié ce 14 décembre un rapport accablant concernant les conditions de vie des détenus de la maison d’arrêt de Fresnes.

« Surpopulation inacceptable entraînant des conditions de vie indignes », « locaux inadaptés et conditions d’hygiène désastreuses »… Les mots utilisés dans le rapport sorti ce 14 décembre sont extrêmement durs. Ils ne reflètent pourtant qu’une partie de la vie des 2.989 hommes détenus à Fresnes. Aux constats alarmants de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, à l’origine de cette enquête, sont jointes des photos plus effrayantes encore. Rats qui courent en liberté à l’intérieur comme à l’extérieur de la prison, pièces vétustes et exiguës servant de « parloirs »…

Le problème le plus fréquent est celui de la surpopulation carcérale. On apprend qu’en dix ans, le nombre de détenus a augmenté de 52%. Or, le bâtiment n’est pas prévu pour accueillir autant de personnes. Il n’est pas rare que trois détenus se partagent une cellule d’à peine 10 m2, censée être individuelle. « Dans ces cellules, une fois déduite l’emprise des lits (trois lits superposés), des toilettes et de la table, trois personnes doivent alors vivre dans un espace d’à peine 6 m², bien inférieur aux normes fixées par le Comité européen de prévention de la torture (CPT) », indique le rapport.

La surpopulation à Fresnes pose un autre problème : les surveillants pénitentiaires sont en sous-effectif et insuffisamment formés. « Le nombre de surveillants et de gradés est relativement stable depuis 2012, alors même que la population incarcérée a augmenté de près de 20 % sur la même période », indique ainsi Adeline Hazan, la Contrôleure.

La situation est donc d’une gravité inédite. Le garde des Sceaux et Ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, a publié en parallèle sa réponse, réagissant point par point aux observations du rapport. Il a proposé plusieurs mesures pour 2017, notamment des travaux pour remettre les cellules en état. De quoi permettre d’héberger les détenus dans des conditions humaines.

Léa Cardin

Écrit par iejpedago