La jeunesse, avenir de la franc-maçonnerie ?

« Jeunes » et « franc-maçon », deux mots incompatibles ? Pas du tout veut croire l’organisation. La jeunesse pourrait-elle devenir indispensable pour les obédiences sociétales de la franc-maçonnerie ? 
 

La franc-maçonnerie fêtera son 300ème anniversaire cette année. Avec plus de 180.000 membres en France pour une quinzaine d’obédiences, l’organisation tente actuellement de recruter et de séduire une génération plus jeune que ses membres actuels, dont la moyenne d’âge est de 58 ans.

Le rajeunissement de la Franc Maçonnerie

Pascal, 25 ans et franc-maçon depuis peu, pose le problème : « Puisque la franc-maçonnerie ne communique pas, les médias le font à sa place et donc véhiculent souvent des idées fausses ». Complot judéo maçonnique, « secte secrète »… De quoi faire fuir les jeunes « mal informés » ?

C’est pour cela que s’est tenu, le 2 avril dernier, un colloque intitulé « la jeunesse, #monavenir », et organisé par la Grande Loge de France (GLDF) et la Grande Loge Féminine de France (GLFF) à Paris. Ce colloque s’est fait, signe d’ouverture à la jeunesse, en présence de la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

Pierre Magne, spécialiste de la franc-maçonnerie, continu toutefois de penser que « la société actuelle est dans une période charnière avec un changement conséquent grâce aux nouvelles technologies. Celles-ci sont souvent incomprises par les seniors, majoritaires dans la franc-maçonnerie« .

Lorsqu’on fait appelle à la jeunesse, on prend le risque de faire évoluer les choses. Pierre Magne ajoute que « les jeunes n’ont pas le temps de se renseigner, d’étudier les mythes et autres fantasmes qui gravitent autour des nombreuses obédiences, c’est pourquoi au Grand Orient de France par exemple on décompte moins de 10% de trentenaires« .

Franc-maçonnerie et jeunesse : deux mots incompatibles

Laisser vieillir les obédiences, c’est prendre le risque de les voir disparaître. Pourtant, Philippe Benhamou 59 ans, franc-maçon puriste, pense que franc-maçonnerie et jeunesse sont incompatibles. Sur son site, il émet sa position : « Si l’on rajeunit nos loges, il nous faudra un jour rajeunir nos rituels, nos signes, mots, nos tenues vestimentaires […] sinon je vous le dis, nos jeunes ne resteront pas longtemps dans nos loges ! »

Selon lui, « moderniser certains rituels seraient renier l’histoire plus que séculaire de la franc-maçonnerie ». Celui-ci ajoute que « les rites sont le reflet d’une tradition. Les modifier seraient entacher la singularité de la franc-maçonnerie ».

Les obédiences tentent de rajeunir ses membres et cherchent de moyens pour faire débattre des jeunes. Une transparence de leurs actions ainsi que de leurs intentions semblent être une des possibles façon de séduire cette génération ciblée et ainsi pouvoir rajeunir ses obédiences.

Jiri Pragman, écrivain et journaliste pour Franc-maçonnerie magazine explique que « la remise en question est assez présente chez les jeunes à cause d’un monde qui devient de plus en plus ‘dingue’ et sans repère – si ce n’est celui de la consommation qui est illusoire et ne satisfait plus. Vient alors le besoin d’un retour à la spiritualité, et la maçonnerie peut être une réponse. »

 Morgane PIAT

Écrit par Morgane Piat