La Grèce seule contre tous

Le désaccord est total entre la Grèce et ses partenaires de la zone euro. C’est dans ce contexte tendu que se tient aujourd’hui le sommet européen à Bruxelles. Dans la nuit de mercredi à jeudi, la réunion extraordinaire de l’eurogroupe s’est achevée sans la moindre avancée.

D’un côté, les dirigeants européens refusent d’accepter le moindre aménagement du programme d’austérité imposé à la Grèce. De l’autre, le gouvernement d’Alexis Tsipras entend honorer ses promesses de campagne, dernier espoir pour une population martyrisée par les mesures de la troïka.

Position de l’UE : – A propos de la dette grecque, l’eurozone et à sa tête l’Allemagne, n’est prête à aucune concession. Craignant un effet domino sur l’ensemble des Etats européens endettés, Angela Merkel reste ferme. Depuis le plan de sauvetage des banques en 2012, les Etats européens et le FMI sont devenus les principaux créanciers du pays. Il n’est donc pas question qu’ils essuient des pertes.

Position de la Grèce : – De sont côté, Alexis Tsipras a revu ses revendications à la baisse et ne parle plus de suppression de la dette. Il demande du temps pour remettre le pays sur les bons rails. Une suspension du paiement des intérêts lui permettrait de financer ses réformes pour une relance de l’économie. Ce qui nous amène au deuxième point de désaccord : les réformes.

C’est le principal point de tension entre le gouvernement Syriza et ses partenaires européens. La troïka souhaite que la Grèce continue sur la voie amorcée par les gouvernements précédents. Des réformes qui combinent baisse des dépenses publiques, suppressions de postes de fonctionnaires et privatisations. Une vision libérale (politique de l’offre) totalement rejetée par la coalition de la gauche radicale, mais qui trouve son inspiration dans les traités de l’Union.

Tsipras propose quant à lui de relancer l’économie par une politique de la demande. Pour se faire, il entend suspendre la vague de privatisations, augmenter le salaire minimum et augmenter le nombre de fonctionnaires. Une politique incompatible avec l’austérité défendue par la commission et la banque centrale européenne. Cette dernière a annoncé en fin de semaine dernière son refus d’alimenter les banques grecques en liquidités. Une situation qui met le pays à genou.

Athènes, qui souhaite alléger sa dette et tourner la page de l’austérité n’a pas réussi à convaincre ses créanciers, après six heures de négociations tendues. « Nous avons fait des progrès mais pas assez pour parvenir à des conclusions communes », a déclaré M. Dijsselbloem, président de l’eurogroupe. Preuve de la tension considérable qui entoure le dossier grec, la possibilité d’un « Grexit » est évaluée à une sur deux, contre une sur trois la semaine dernière.

        Yassine El Azzaz

Écrit par arianeyassine