La Grèce exclue de l’espace Schengen?

La Commission européenne a lancé, ce mercredi 27 janvier, une procédure qui pourrait aboutir à l’exclusion de la Grèce de l’espace Schengen. C’est en effet la conclusion d’un rapport datant du mois de novembre, mais adopté seulement ce mercredi par l’exécutif européen. 

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La frontière greco-turque, lieu de passage des réfugiés (source photo : wikicommons)

La commission pointe la gestion de la politique migratoire grecque. Celle ci l’accuse de ne pas tout mettre en oeuvre pour reprendre le contrôle de sa frontière. Athènes est avant tout mis en cause pour ne pas procéder à l’identification et l’enregistrement effectifs des migrants irréguliers » par la prise des empreintes digitales, selon un communiqué de l’exécutif européen.

En réalité, selon de nombreux observateurs, la Grèce a géré souvent seule le poids des arrivés de réfugiés à ses portes. En un an, la Grèce compte 900 000 arrivées et 4 000 noyés. Selon Libération, la Grèce n’a plus assez de garde-côtes ou policiers pour endiguer cette crise migratoire. En septembre, Athènes s’était engagée néanmoins à construire 50 000 places d’accueil et huit « hotspots », pour enregistrer et surveiller les réfugiés.

En pratique, si la Commission met en place la procédure de retour aux frontières intérieures, la Grèce aura trois mois pour améliorer la situation avant d’être suspendue de Schengen. Dimitri Avramopoulos, le commissaire grec des affaires intérieures de l’UE se veut alarmiste: « le démantèlement de la zone Schengen ne fera qu’annoncer le démantèlement de l’Union Européenne. »

Pour empêcher les réfugiés d’arriver sur les côtes grecques, l’Union avait conclu un accord avec la Turquie. Malgré la promesse d’aide de trois milliards d’euros et la relance des discussions sur l’adhésion à l’UE, Ankara n’a pas su empêcher le flux de migrants qui partent de leurs côtes.

Nicolas Thomasset

Écrit par Nicolas Thomasset