La « Grande Muraille » anti-terroriste saoudienne

De plus en plus menacée par l’extension de l’État islamique en Irak et en Syrie, l’Arabie Saoudite a décidé d’accentuer le virage entamé ces dernières années dans la lutte contre le terrorisme. 

 

Paradoxale, schizophrène ou ambivalente, l’évolution récente des rapports entre l’Arabie Saoudite et les réseaux djihadistes présents au Moyen-Orient en appelle à des termes pour le moins surprenants. Entamée en 2006, la lutte anti-terroriste a franchi une nouvelle étape le 5 janvier dernier, après la revendication par l’État islamique de l’attentat-suicide commis au niveau d’un poste de sécurité à la frontière irakienne. Un véritable volte-face pour un pays ayant soutenu l’implantation de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) en Syrie, et berceau du wahhabisme, Islam ultra-rigoriste prôné par les dirigeants de l’État islamique.

Le Nouvel Observateur a diffusé cette carte détaillant les différents éléments du mur ©Twitter

Le Nouvel Observateur a diffusé cette carte détaillant les différents éléments du mur ©Twitter

Alors que plus d’un millier de Saoudiens auraient déjà été engagés par EI, l’État a accéléré la construction d’un mur géant de 950km le long de la frontière irakienne. Équipé de tours de surveillances, fossés, caméras-infras-rouges et d’une cinquantaine de radars ultra-performants, il constitue le pendant Nord d’un autre mur, situé lui au niveau de la lisière yéménite, également en formation depuis 2003. Couplé à ces nouvelles infrastructures, l’Etat saoudien a déclaré vouloir agir au sein de la coalition internationale menée par les États-Unis, en plaçant notamment près de 30 000 soldats à la frontière irakienne.

Les peines de prison accordées pour cas de terrorisme ont également été durcies en février 2014, la législation prévoyant désormais de peines allant de 3 à 20 ans pour tout ressortissant saoudien ayant participé à des combats à l’étranger .

Théo Denmat

Écrit par theoanthony