Kobané libérée par les Kurdes

Les forces armées kurdes ont finalement triomphé ce lundi à Kobané. Une libération de taille pour la cause kurde qui ne marque pas la fin du conflit pour autant.

Le combat aura duré 130 jours. La ville syrienne située à la frontière turque était passée sous contrôle de l’Etat Islamique depuis septembre dernier. Des scènes de joie, à la hauteur de l’oppression subie, ont éclaté dans la région. La libération est d’autant plus belle qu’elle a été obtenue sans le soutien des autorités turques, restées discrètes. Elles n’ont pourtant pas manqué de disperser la foule à l’aide de gaz lacrymogène.

Pour retrouver leur souveraineté, les Kurdes ont déployé tous les moyens. Le peuple, très accroché à son identité, a fait de la reconquête de la ville une priorité absolue. Les combattants ont également bénéficié d’une aide militaire : une coalition internationale a été invoquée. L’armée kurde a donc été équipée par plusieurs pays occidentaux. Les Etats-Unis et l’Allemagne ont envoyé des conseillers militaires sur le terrain pour épauler les forces en place.

L’avènement d’un refus

La victoire repose en grande partie sur la détermination des YPG (Unités de Protection du Peuple), affiliées au Parti de l’union démocratique, représentation laïque et kurde en Syrie. La contre-offensive s’est traduite par plusieurs types d’opérations : du combat frontal aux actes kamikazes, pourtant privilégiés par leurs adversaires jusqu’ici. A noter le rôle prépondérant des femmes combattantes, très nombreuses côté kurde.

La plupart des djihadistes ont fui la ville, mais la reconquête n’est pas terminée. Daech contrôle toujours la région de Kobané, qui n’est libérée qu’à 90% selon le Commandement militaire américain au Moyen-Orient. Cette date restera donc davantage symbolique que significative sur le terrain. Les nouveaux dirigeants devront rester sur leurs gardes : le retour massif de djihadistes n’est pas à exclure.

 

Tristan Telfouche

 

Écrit par imtel