Juliette Armanet, la douce folie de l’année

CEUX QUI ONT MARQUE 2017. À 33 ans, la Lilloise a dévoiler en 2017 son premier album, Petite Amie, histoire d’amour entre une femme et son piano.

Frange soigneusement visée sur la tête, un look sorti tout droit des années 1980… Juliette Armanet a trouvé sa place dans son époque. « A l’ère d’Instagram, l’image importe autant pour moi que la musique. »

Une voix douce et légère, voici la recette parfaite d’une nouvelle star de la chanson française. La première fois qu’elle pose ses doigts sur les touches d’un piano, elle vient tout juste de faire ses premiers pas. L’instrument devient alors son compagnon, son amoureux.

Pourtant, malgré une relation passionnelle, Juliette le quitte à l’âge de onze ans.

©Instagram/JulietteArmanet

Elle le trompe. Dans les lettres, Juliette trouve un nouvel amour, une nouvelle romance. Khâgne, Hypokhâgne, elle papillonne de lettres en livres. Après sa maîtrise, le journalisme l’attire.

De là, naîtra un amour qui durera 6 ans pour la caméra. Pour Arte, elle réalise des documentaires, notamment le remarqué Éloge de la Jupe en 2011. Mais la soif de coeur de Juliette n’est pas complètement satisfaite.

Sur France Culture, elle revient à sa passion de l’écriture, avec des chroniques et divers reportages. Jusqu’à ce que, finalement, brusquement, l’aventure s’arrête.

Elle replonge dans son vieil amour perdu : le piano. Il faudra attendre le cap des trente ans pour qu’elle s’abandonne à cet amour. Juliette Armanet entame une carrière de chanteuse-compositrice-interprète. En 2016 sort son premier EP, Cavalier Seule.

Mais ce n’est qu’en avril dernier que Juliette explose, avec son premier album Petite Amie. Elle est partout : en tête des charts, en couverture des Inrocks, en interview dans toutes les rubriques culture.

« C’est vrai, c’est une très belle année…«  Désormais chanteuse, elle interprète des chansons de variété, sans pour autant tomber dans le cliché. Elle s’invente un personnage, un brin loufoque : « J’ouvre des pistes fantasmatiques, ludiques, je brouille l’identité sexuelle à travers la représentation d’une créature étrange, que je ne suis pas du tout dans la vraie vie. »

Juliette Armanet parcours aujourd’hui la France entière avec son « petit ami », son piano. Sa tournée devrait se terminer début 2018. Une belle manière de partager son histoire d’amour avec le public.

©Instagram/JulietteArmanet

Elle a récemment joué à la maison de la radio sous le regard attentif de Barack Obama, en visite à Paris le temps d’un week-end. Ce soir-là, Juliette Armanet a notamment interprété « Je te sens venir« , adaptation à son image du tube « I feel it coming » de The Weeknd. Les Inrocks applaudissent : « Ce sens du kitsch/pas kitsch qui fait toute la postmodernité de sa musique. »

Le magazine GQ va jusqu’à la sacrer chanteuse de l’année durant la cérémonie des hommes de l’année. 2017 est définitivement l’année Juliette Armanet, personnage aussi loufoque que sexy et attendrissant. Une femme de son temps qui rafraîchit la chanson française.

Marie Beugnot et Antoine Fernandez

Écrit par IEJ3A