Julien Roux, 24 ans et récemment initié à la franc-maçonnerie (Alix Watin-Augouard pour IEJ News)

Julien Roux, étudiant de 24 ans, a rejoint la franc-maçonnerie depuis 5 mois. Son père et son oncle lui ont transmis cette envie de réflexion et de savoir. Un choix qui n’a pas toujours été une évidence, entre préjugés et haine pour cet ordre.

Dans le XIVème arrondissement de Paris se situe l’appartement des Roux, où vit Julien, 24 ans. C’est dans ce cocon familial qu’a grandi ce grand gaillard barbu. Dans l’appartement spacieux, une multitude de bibliothèques parsème les murs devenus invisibles. Mais aucun symbole ou livre ne concerne la franc-maçonnerie. Rien ne laisse présager que deux des occupants de cet appartement en sont membres : Marc, le père et Julien, le fils. « La discrétion est de mise », rappelle Julien en souriant.

Autour de la table à manger, la discussion s’installe. L’univers littéraire dans lequel il baigne depuis sa naissance l’a aidé dans cette recherche de soi, la franc-maçonnerie se basant sur des « démarches philosophiques, morales, comportementales » et, ajoute son père, franc-maçon depuis 15 ans, « en même temps, enrichissantes sur le point de vue personnel qui peut intéresser la jeunesse, période où ils sont en interrogation sur eux-mêmes. » Son fils acquiesce.

Mais cela n’a pas toujours été une évidence pour lui. Au début, il a mal vécu l’appartenance de son père à la franc-maçonnerie. « Je l’ai découverte quand j’étais à une soirée. » Un de ses amis le lui a révélé, en lui décrivant exactement tout ce que Julien voyait lui aussi au quotidien : des absences nocturnes de son père à la préparation de la tenue bleue, que sa mère n’avait de cesse de désigner comme une tenue de « Schtroumpf ».

« J’ai assimilé mon père à un fou »

Ce fut un déclic pour Julien. « Le problème c’est que je ne lui en ai pas parlé, j’ai juste cherché sur internet et je suis tombé sur des pages qui parlent de secte, de satanisme. Il ne m’en a pas fallu plus pour que j’assimile mon père à un fou et je l’ai très mal vécu », reconnaît-il aujourd’hui.

Il avait 15 ans et s’est fermé à toute discussion avec son père dans une période charnière qu’est l’adolescence. Et ce n’est que cinq ans plus tard que des amis lui font comprendre que ces sites internet ne font que véhiculer et alimenter le fameux complot judéo-maçonnique. Les juifs et les francs-maçons ont souvent été désignés coupables des pires maux de la société.

Son père écoute la discussion avec un regard bienveillant. « Je suis fier de lui, qu’il ait réussi à dépasser les préjugés dont bien des gens on encore du mal. C’était très important pour moi. »

Julien admet « que si les jeunes connaissaient mieux l’intérêt qu’il y a à être dans la franc-maçonnerie, il y aurait sûrement plus de demandes. » Il reprend alors à son compte les arguments sur la « réflexion philosophique » promue par son père.

Seul âgé de moins de 40 ans

Marc reconnaît que « la franc-maçonnerie est fondée sur le partage de connaissances mais peut-être pas suffisamment entre les différentes générations. » Ce que déplore Julien, seul âgé de moins de 40 ans dans sa loge.

Ses études l’ont également aidé dans cette envie d’appartenir à la franc-maçonnerie. Cela fait six ans qu’il étudie la philosophie dans le but de devenir chercheur et professeur en université. « Je passe l’agrég’ cette année, j’espère pouvoir combiner les deux ». Sa plus grande impatience : passer compagnon pour pouvoir présenter ses propres « planches », c’est-à-dire ses réflexions sur un sujet donné.

Compte-t-il rester jusqu’à la fin dans la franc-maçonnerie ? « J’y resterai tant que mes convictions seront en adéquation avec les obédiences. Et si j’ai toujours le temps, mais je ne regretterai rien. En étant seulement initié, j’ai déjà beaucoup appris de mes aînés. »

Alix Watin-Augouard

Écrit par Alix Watin-Augouard