Jonathan Cohen, un mytho à la réussite bien réelle

CEUX QUI ONT MARQUE 2017. D’héros de la série « Serge le Mytho », Jonathan Cohen est devenue la nouvelle coqueluche du cinéma français.

Jonathan Cohen alias Serge le Mytho (Crédit photo : Georges Biard/ Wimedia/ CC)

« Alors tu sais, moi, je suis le genre de mec à m’être fait tout seul. Bon, j’ai loupé mon bac, normal. Après, je me suis lancé dans l’immobilier. Puis, j’ai vendu des fenêtres, bon, ça, je sais pas trop pourquoi. Et enfin, je me suis mis au théâtre, ça c’était lourd… Et aujourd’hui, tu sais quoi ? Eh bien je suis l’un des comédiens les plus prisés du moment. » Cette anecdote pourrait aisément être attribuée à Serge le Mytho. Pourtant, force est de constater qu’elle est fidèle à la vie de Jonathan Cohen, son interprète de 36 ans.

En effet, elle retrace le parcours de cet enfant du 93, à l’allure d’une assurante nonchalante, qui a fait du cinéma français son nouveau terrain de jeu. Pour Antoine Gaudé, oeil avisé pour le Blog du Cinéma, Jonathan Cohen « est assurément l’une des prochaines, peut-être pas star, mais ‘personnalité importante’ du grand écran. Il me tarde de le voir en tête d’affiche ».

Il faut dire que ces derniers mois, le natif de Pantin cumule les films. Dernièrement, il a notamment crevé l’écran dans « Coexister« , le dernier film de Fabrice Eboué, dans lequel il interprète un rabbin déluré. « Les petits rôles, c’est loin d’être anodin, quand ils se multiplient en tout cas. C’est le signe qu’il est apprécié, demandé même », souligne le critique cinéma.

Passé du fond de la classe à la tête de l’affiche

Pourtant, rien ne le prédestinait à une telle ascension. De son enfance à Pantin (Seine-Saint-Denis), Jonathan Cohen se rappelle de ses premières blagues mais aussi de sa relation compliquée avec les études. « A l’école, j’étais un fouteur de merde sympathoche », confesse-t-il dans Le Monde.

Admis aux rattrapages, le jeune Jonathan Cohen loupe néanmoins son Bac. Il n’a alors que 18 ans et sort du système scolaire. «J’étais un bon à rien. Je savais que j’étais fait pour quelque chose, mais quoi ?»

Il décide alors d’entrer dans la vie active, et pas par une porte classique : l’immobilier. Mais on ne s’improvise pas Stéphane Plaza en un jour, et l’aventure ne dure même pas un an.

Il devient alors commercial et vend des fenêtres. Cette fois-ci, ça marche plutôt bien et Jonathan Cohen mène une petite vie tranquille dans son département natal. Jusqu’au jour où l’un de ses amis l’incite à faire du théâtre. Après plusieurs mois d’hésitation, ce « timide de ouf » saute le pas. Et en à peine le temps d’une réplique, il donne sa démission. Place à la comédie !

La naissance d’un mytho

Doublage, théâtre, télévision… Durant une décennie, ce barbu au regard taquin multiplie les projets. Toutefois, c’est bel et bien à la télévision qu’il se révèle. A partir de 2011, il intègre « Bref ». Au départ, il se cantonne à de maigres secondes en tant que figurant dans ce qui, à l’époque, était la série phare de la chaîne cryptée.

Et si « Bref » ne dure qu’une saison, les liens tissés avec Kyan Khojandi et le reste de la bande, eux, ne font que s’accroître. Tous ensemble, ils bossent sur divers projets et quelques années plus tard créent une série, celle synonyme de décollage pour la carrière de Jonathan Cohen.

C’est précisément en 2015, que naît « l’histoire d’un mec qui raconte des histoires« . Tout d’abord personnage dans la série « Bloqués« , Serge le Mytho obtient l’année suivante sa propre série. Si l’aventure sur Canal+ s’arrête en juin dernier, depuis Serge le Mytho est dans toutes les bouches.

Avec plus de 300.000 abonnés sur sa chaîne YouTube « Serge le Mytho », Jonathan Cohen est même élu humoriste de l’année par le magazine GQ. Et au vue de son talent et de sa réussite actuelle, pas sûr que Jonathan Cohen ait à s’inventer une nouvelle vie…

Simon Fuentes et Paul Lauterbach

Écrit par IEJ3A