JO 2024 : le lobbying, anneau manquant de Paris

Présenter sa candidature pour les Jeux olympiques 2024 est un parcours du combattant. Paris ne fera pas exception. Il faut être capable de rassembler toutes les forces institutionnelles, politiques et économiques du pays. C’est là que le lobbying intervient. Les villes candidates font appel à des experts en communication ou des personnalités qui, face au Comité International Olympique (CIO), peuvent faire pencher la balance. 

Juillet 2005, Londres et Paris sont au coude-à-coude pour les Jeux olympiques 2012. Les Français misent sur la promotion de sportifs comme David Douillet ou Marie-Jo Perec. Les atouts touristiques de Paris sont mis en avant. Selon les observateurs, la capitale française était favorite. Mais à la surprise générale, Londres l’emporte sur Paris à quatre voix près (54 à 50).

« L’hexagone n’a pas son Sebastian Coe »

Entre stupeur et tremblement des politiques français, des experts dénoncent le cruel manque de lobbying en France. « L’hexagone n’a pas son Sebastian Coe » s’accordent-ils. Lord Sebastian Coe est l’homme politique et ancien athlète  anglais qui a mené un lobbying féroce auprès des membres du CIO. Dans sa valise, les soutiens de différentes banques, de David Beckham ou de grandes entreprises ont fait pencher la balance pour Londres. Arguments bonus : il a mis en avant son palmarès d’athlète et séduit le CIO avec des promesses de constructions de stades et de développement du sport pour les enfants du monde entier. Une campagne activement soutenue par Tony Blair, Premier ministre de l’époque.

Paris devrait trouver son Terrence Burns

Depuis cette défaite traumatisante, Paris a retenu les leçons. Il est indispensable de mener un lobbying politique international puissant. Jean-Paul Huchon, le président de la région Île-de-France, Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, l’Élysée et Matignon s’organisent avec la mairie de Paris afin de construire un lobby pro-Jeux. Bernard Lapasset, ancien patron du rugby français améliore le rapport de faisabilité de la candidature française. Rien n’est laissé au hasard : ce dossier pourrait être déterminant pour les sponsors.

Paris devrait trouver son Terrence Burns. Le président de «Helios Partners» possède un palmarès unique en tant que conseiller pour les Jeux olympiques. Il a contribué à la victoire d’Atlanta 1996, Pékin 2008, Vancouver 2010, Sotchi 2014 et plus récemment Pyeongchang 2018.  Le gouvernement espagnol a aussi fait appel à ses services pour les JO 2020 de Madrid. Terrence Burns estime que «les candidats ont souvent tendance à trop se concentrer sur eux-mêmes et tombent donc dans le cliché, alors qu’il faut délivrer un message au-delà de la ville et du pays. Il faut créer un concept émotionnel puissant, qui offre un avantage tangible à l’organisateur». Paris ferait bien de s’inspirer de ce conseil.

 

Jacques Rogge, président du Comité International Olympique, plaide pour la candidature de Paris aux JO 2024

 

Jeanic Lubanza

Écrit par skj