Wladimir Andreff est un économiste spécialisé dans le sport. Il est également professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Selon lui, organiser les Jeux olympiques est une très mauvaise idée en matière d’économie pour la France. Trois raisons qui illustrent son propos.

Wladimir Andreff pense qu’un pays qui remporte la course à l’organisation des JO est maudit. Il a même créé un concept, celui de la « winner’s curse », soit la « malédiction du vainqueur ».

Wladimir Andreff pense que les JO auraient un impact négatif sur l'économie française. (Photo: Jéco)

Wladimir Andreff pense que des JO à Paris en 2024 auraient un impact négatif sur l’économie française. (Photo: Jéco)

Un budget initial jamais respecté
Les budgets sont mirobolants, et jamais respectés. Les 6 milliards d’euros initialement prévus par la mairie de Paris ne suffiront pas. Wladimir Andreff rappelle cette drôle « d’augmentation » londonienne. Quand en juillet 2005, Londres remporte la course à l’organisation des JO 2012 face à Paris, leur budget était officiellement de 3,3 milliards d’euros. Fin 2008, les estimations étaient passées de 13,1 milliards d’euros à 16,9 milliards. La presse avait à l’époque suggéré que les promoteurs de la candidature Londonienne avaient délibérément sous-estimé le coût des JO dans l’optique de gagner l’organisation de ces Jeux. Lors du rapport de Londres pour sa candidature en 2012, ils n’avaient pris en compte ni les Jeux Paralympiques, ni le montant du coût de la sécurité.

Los Angeles, l’exception qui confirme la règle
Les JO organisés à Montréal en 1976 furent un véritable fiasco économique. Ce qui démotiva tous les autres pays susceptibles d’organiser ceux de 1984. Le Comité International Olympique (CIO) a réussi à persuader la ville de Los Angeles de les organiser… en échange d’une grosse somme d’argent. Il s’agit de la seule et unique fois où un pays a gagné de l’argent au lieu d’en perdre en organisant les JO. C’est également la seule fois où la course à l’organisation des JO ne vit qu’un seul candidat se présenter.

Taxés pour longtemps
À Grenoble, les habitants ont dû payer des taxes locales jusqu’en 1992 dans le but de rembourser les JO d’hiver de 1976. Le déficit après ces Jeux était de 60 millions de dollars. Pire, le fiasco Montréalais coûta plus de 30 ans de dettes à la ville et ses habitants.

Clémence Pouletty

Écrit par cac