JO 2024 : guide de campagne

Jusqu’à l’été 2017, les villes candidates à l’organisation des Jeux olympiques 2024 feront tout pour remporter la mise. L’occasion de se s’attarder sur ce long processus de campagne qui n’a jamais réussi à la France. 

À l’été 2017, le Comité International Olympique (CIO) attribuera l’organisation des Jeux olympiques 2024. En attendant, les villes souhaitant se porter candidates ont jusqu’au 15 septembre prochain pour soumettre leur nom au CIO. Avant de déposer un quelconque dossier de candidature, c’est au maire de la ville en question que revient la décision de se présenter. Pour consolider son choix, Anne Hidalgo s’appuiera sur le rapport d’opportunité remis le 12 février dernier par Bernard Lapasset, le président du comité français du sport international (CFSI).

« Avec votre travail sérieux, nous faisons un pas de plus, déterminant, dans l’engagement pour une candidature », expliquait ce jour-là la maire de Paris. Elle soumettra d’ici la fin du mois de mars la proposition de candidature aux vingt conseils d’arrondissement puis en avril au Conseil de Paris. La décision finale d’entrer dans la course à l’organisation des JO 2024 devrait alors être validée.

Bernard Lapasset aurait un rôle prépondérant dans cette campagne puisque son étude servirait de point de départ. Ce rapport prévoit une nouveauté de taille, « un financement participatif pour l’organisation » afin de récolter un tiers des 60 millions d’euros nécessaires à la campagne de candidature jusqu’au vote du CIO. Dans cette possible campagne lancée en juin, un second tiers serait alors issu de fonds publics, et un dernier tiers de fonds privés.

Une campagne peu politisée

Parallèlement à la campagne de lobbying que mènerait le président du CFSI avec Tony Estanguet, une « bataille politique » devrait s’engager entre les villes candidates. Mais Anne Hidalgo a bien retenu la leçon des échecs de 1998, 2008, et 2012. Raison pour laquelle elle ne souhaite pas se précipiter. Et surtout ne pas trop s’impliquer, à l’inverse de son prédécesseur Bertrand Delanoë. Sans compter qu’elle ne sait que trop bien le fardeau politique que représenterait l’échec d’une candidature, en 2017, à trois ans des municipales.

L’orgueil national de mise lors des campagnes précédentes laisse place à une croisade moins politisée. « Il y a une méfiance du CIO vis-à-vis des candidatures tricolores, trop politiques par le passé, explique Patrick Clastres, agrégé d’Histoire et spécialiste de l’olympisme. L’Etat français contrôle traditionnellement le spectacle sportif. » Un défaut que la maire de Paris devra gommer à tout prix si elle tient à la victoire de la délégation française. L’obtention de certains votes de membres du CIO est parfois le fruit de longues discussions. « Il est arrivé que les candidatures françaises soient trop sages. Il est possible d’obtenir la voix d’un membre du CIO sur la base d’un échange, d’un soutien », suggérait Jean-François Lamour, député UMP et ancien ministre des Sports sur Le Monde.fr. Avant d’ajouter : « Gagner l’organisation, cela se négocie. Il ne suffit pas d’avoir un excellent dossier technique ».

S’il a manqué quatre votes à Paris pour gagner l’organisation des derniers JO, il n’appartient qu’à Bernard Lapasset et Anne Hidalgo de conjurer le sort. « Il faut vraiment, fondamentalement, être capable de répondre à la question : pourquoi voulons-nous organiser les Jeux, et pas simplement comment allons-nous les organiser ? », argumentait Sebastian Coe, ancien patron des JO de Londres en février 2015 sur Le Parisien.fr. La délégation tricolore sait ce qu’il lui reste à faire…

Yoann Jenan

Écrit par mmy