« Avant, les jeux étaient conçus par des passionnés ! »

Les années passent mais les jeux restent. Guidé par la nostalgie, Elias Torres, 29 ans, s’est lancé dans la collection des jeux rétro. Et après seulement 4 ans, le jeune homme possède déjà un attirail impressionnant : pas moins de 24 consoles, allant de l’Armstrad CPC à la Playstation 4. Un hobby envahissant, qui peut rapidement devenir très coûteux.

Pour Elias Torres, pas question de mettre ses anciens jeux au placard. Ce joueur invétéré espère redonner une seconde vie aux jeux qui ont bercé son enfance. Depuis 2012, ce geek, originaire de Gagny, se rend dans la boutique Book-off, en plein de coeur de la capitale – son adresse fétiche pour dénicher la perle rare. « Mes achats dépendent de mes affinités. Je vais choisir un jeu par rapport aux souvenirs qu’il va m’évoquer. Tout se fait au feeling. »

Une motivation qui en dit long sur le personnage. Dans l’univers du retrogaming, il existe deux sortes de collectionneurs, «ceux qui collectionnent de A à Z et ceux qui, comme moi, collectionnent seulement par rapport aux souvenirs. » Une forme de romantisme qui peine à masquer la réalité : le coût élevé de certaines consoles ou de certains jeux vidéos rétro.

Ancien manager pour une grande enseigne de prêt-à-porter, Elias Torres ne veut pas dépenser toutes ses économies dans sa passion. Le marché du retrogaming est en plein boom et ses prix fluctuent sans réellement tenir compte de la rareté du produit. La barbe brune d’Elias et ses chemises bien repassées, ne suffisent pas à dissimuler son agacement lorsqu’il parle des prix des boutiques spécialisées de République. « Ils jouent sur la nostalgie. Même si j’étais riche, je ne paierais jamais 1000 euros pour un jeu. Il y a une certaine limite, c’est comme pour tout, il faut te dire qu’à un moment donné tu te fais pigeonner. »

Quand on aime… on compte quand même

Plutôt que de se lamenter, Elias Torres poursuit sa moisson de jeux rétro. Toujours à l’affût de la bonne affaire, il se rend à sa boutique préférée. « L’avantage, c’est qu’elle n’est pas spécialisée dans le retrogaming. Du coup, il est possible de trouver des jeux 2 à 3 fois moins chers qu’ailleurs. » Un paradis pour ce gamer qui a déjà réalisé de belles prises. « J’ai déniché deux consoles avec une dizaine de jeux pour seulement 35 euros. En occasion mais dans un état neuf. »

Contrairement à John Hammond, prêt à « dépenser sans compter » pour ressusciter les dinosaures dans Jurassic Park, Elias Torres s’impose des limites financières. Il achète uniquement lorsqu’il est convaincu de réaliser une bonne affaire. Ce simple effort a permi à Elias de faire des économies significatives. « En tant normal, j’en aurais eu pour pratiquement 5 000 euros de dépense. Mais grâce à de belles opportunités, j’en ai eu pour 250 euros maximum. »

En dehors de l’aspect financier, Elias Torres, comme tous les collectionneurs, revient vers les jeux rétro pour leur gameplay inégalé. Une époque où jouabilité et plaisir de jouer primaient sur les graphismes. Pour ce grand fan de Resident Evil, la raison est simple. « Avant, les jeux vidéos étaient faits par des passionnés, aujourd’hui, ils sont réalisés par des businessmen ».

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Sandrine BaccaroAnthony Mendes, Baptiste Rouch, Thomas Sainjon

Écrit par sandrine.baccaro