Jérusalem : les Etats-Unis face au reste du monde

Drapeau de la Palestine, d’Israël et de l’ONU

Alors que Washington a condamné la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, les Etats-Unis ont été contraints de recourir au veto pour s’opposer à un projet de résolution.

Le vote de quatorze des quinze membres du Conseil de sécurité, dont la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni, a été vivement pointé du doigt par l’ambassadrice américaine Nikki Haley à l’ONU. «C’est une insulte et un camouflet que nous n’oublierons pas». L’Egypte, a été parmi les premiers à prendre la parole pour dénoncer les «graves répercussions» de la décision américaine. En effet, cette reconnaissance a déclenché la colère des palestiniens. Des manifestations dans le monde musulman ont éclaté dès le lendemain de cette annonce et une réprobation quasi unanime de la communauté internationale. Ils réclament que la décision du président républicain Donald Trump soit révoquée. Une décision qu’ils estiment «regrettable».

Ils souhaitent que le statut de Jérusalem soit résolu par la négociation, en soulignant le texte, «toute décision ou action visant à altérer le caractère, le statut ou la composition démographique de Jérusalem n’a pas de force légale». Le 8 décembre dernier, soit deux jours après l’annonce américaine sur la capitale israélienne, le Conseil de sécurité avait déjà montré l’isolement des États-Unis lors d’une réunion d’urgence en critiquant la reconnaissance américaine. L’ONU souhaitait davantage prendre en compte les droits des Palestiniens, en soulignant que les États-Unis bafouaient toute une série de résolutions engendrées par l’organisation concernant ce conflit majeur du Proche-Orient. Leur but était donc de faire pression sur les Américains en vue de futures discussions avec les deux parties.

Jérusalem, la clef pour la paix ?

A contrario, le veto américain a été salué par Israël. Sur son compte Twitter, le Premier ministre, Benjamin Netanyahou écrit «Merci madame l’ambassadrice Haley et président Trump, vous avez allumé une bougie de vérité, dissipé les ténèbres». Lundi 18 décembre, la France et le Royaume-Uni ont rappelé que Jérusalem était «une clef» pour la paix d’un état israélien et palestinien vivant côte à côte. L’ambassadeur français Francois Delattre a rappelé le consensus international sur une solution à deux états : «Sans accord sur Jérusalem, il n’y aura pas d’accord de paix». Quant à son homologue britannique, il a tenu a souligner que malgré leurs désaccords sur le statut de Jérusalem, les États-Unis continueront à jouer un rôle extrêmement important dans l’aboutissement de la paix au Proche-Orient.

En rappelant dix résolutions de l’ONU adoptées entre 1967 et 2016, le texte soumis au conseil de sécurité ce lundi 18 décembre réaffirme que la question de Jérusalem doit s’inscrire dans un accord de paix final.

Marie Bloeme

Illustré par Mané Alexanian

Écrit par IEJ3B