Le micro-parti de Marine Le Pen a-t-il détourné de l’argent public ?

Après Des paroles et des actes, Marine Le Pen boude désormais les juges. La présidente du Front national a refusé de se rendre au pôle financier où elle était convoquée. Les magistrats Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi devaient l’entendre sur le financement présumé illicite de la campagne du FN pour les dernières élections législatives.

7421296060_8589339f33_b

Marine Le Pen devaient être entendue mardi comme témoin assisté, le statut intermédiaire entre celui de témoin et celui de mis en examen. Les juges Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi enquêtent sur une possible escroquerie en marge des élections législatives de 2012. Ils soupçonnent le Front national, son principal prestataire la société Riwal ainsi que le micro-parti de Marine Le Pen, Jeanne, d’avoir mis en place un système d’enrichissement frauduleux avec de l’argent public.

Des soupçons de surfaturations

L’affaire remonte au début de l’année 2012, au moment des préparations législatives à Nanterre. 565 candidats  se présentent sous l’étiquette « Rassemblement Bleu Marine ». Jeanne, le micro-parti de Marine le Pen, se propose de prêter de l’argent aux candidats pour qu’ils achètent les kits de campagne. Les candidats devaient payer des intérêts de 6,5 %, et devaient être remboursés au titre de frais de campagnes pour les candidats obtenants plus de 5 % des suffrages à une élection.

Le problème ? Ces kits nourrissent des soupçons de surfaturation, auprès des juges, notamment au travers de vente forcé. Cela signifie que l’Etat a payé le montant des prêts, mais aussi des intérêts. Selon une source judiciaire citée par France Inter, ce système aurait permis à Jeanne de générer un profit de 600.000€ !

Le FN affirme quant à lui avoir respecté la loi. D’après eux, cette mécanique des intérêts remboursés n’aurait rien d’illégal. Le parti d’extrême droite aurait simplement profité d’une faille dans la législation. A ce jour,  dix personnes sont mises en examen dans cette affaire, notamment le Front national en tant que personne morale.

Bourillon Jessy

Écrit par cabouko