Jeanne Damas, une allure de grande

CEUX QUI ONT MARQUE 2017. Star d’Instagram devenue femme entrepreneuse, cette année a été celle de l’accomplissement personnel et professionnel pour Jeanne Damas.

Silhouette longiligne, démarche nonchalante et lèvres rouge — comme Caroline de Maigret ou Inès de La Fressange avant elle –, Jeanne Damas est devenue l’une de ces femmes symboles de l’élégance à la française.

Populaire grâce à son compte Instagram, désormais suivi par 676.000 personnes, la it-girl elle a su inverser la tendance en 2017, faisant de son image le moteur de ses ventes, en particulier outre-Atlantique.

« J’ai surtout du succès aux Etats-Unis parce qu’ils aiment le cliché de la Parisienne. Même si je lutte contre cela, je dois admettre que c’est le moteur de mon business », glisse-t-elle.

Au départ simple jolie demoiselle, celle qui a fêté ses 25 printemps en mars dernier cumule aujourd’hui les casquettes de mannequin, comédienne, auteure, entrepreneuse, et créatrice de mode. « Plus que la gestion d’une marque, c’est un lifestyle. Je m’habille avec mes créations, je pose avec. J’ai la chance de ne pas être bloquée dans un unique domaine. »

Après avoir tordu le cou de ses fantômes, la jeune femme a pleinement saisi la chance qu’elle avait. « Si avant les critiques me blessaient aujourd’hui, j’ai compris que la réussite était jalousable et qu’il fallait que je vive ma vie sans m’en vouloir. » Le sourire dans la voix, Jeanne Damas poursuit simplement : « 2017 c’est l’année durant laquelle je suis devenue une femme. »

Capture d’écran du compte Instagram de Jeanne Damas

Prise de conscience 

Exit les clichés sexistes la réduisant à un physique, Jeanne Damas s’impose comme une femme moderne pouvant aimer les fringues, boire du pastis, lire au soleil et mettre en place un plan marketing implacable. La preuve avec sa marque Rouje qui, depuis son lancement l’an dernier, n’a cessé de cumuler les ruptures de stock.

Adolescence paumée, Jeanne Damas trace désormais sa route : « Elle est instinctivement très forte pour savoir comment parler aux gens, gérer toute l’imagerie du site et les comptes Instagram. Elle a des partis pris stylistiques très forts (…). Elle sait parfaitement où aller », a expliqué son associé Jerôme Basselier au magazine Forbes.

A l’image de sa spontanéité, sa ligne de vêtements à la faute d’orthographe, Rouje, affiche une simplicité assumée comme lorsqu’on écorche un mot avec élégance et provocation. Sur ses cintres virtuels, ses collections oscillent entre les motifs vintages et les coupes contemporaines, allant des robes fleuris, aux vestes masculines en velours sans oublier les bottines en daim.

À bas la Parisienne 

En plus de gérer Rouje, cigarette roulée au bout des lèvres, appareil argentique bien en main, Jeanne Damas a écumé les terrasses des cafés parisiens et les soirées incontournables du XIe arrondissement de la capitale. Au détours des rues, elle capte les regards, les sourires et les démarches de ces femmes qui l’inspire et lui rappelle sa mère.

« Je ne les considère pas avec jalousie, je veux les mettre en valeur comme lorsque plus jeune je maquillais mes copines. » Animée par l’envie de partager ces instants immortalisés, la it-girl a publié en octobre le livre « A Paris », avec Lauren Bastide, journaliste et animatrice du podcast « La Poudre ». Dedans, elles regroupent les portraits de vingt filles de Vénus, pour un hommage à la capitale toute entière.

Car loin d’elle l’envie de perpétuer le clichés de la Parisienne, Jeanne Damas confie même avoir voulu intituler son livre « La parisienne n’existe pas ».

Camille Bardin et Ilaria Congiu 

 

Visuel : Jeanne Damas – © Sophie Arancio

Écrit par IEJ3A