Jean-Christophe Jeanson, un compétiteur au cœur fondant

CEUX QUI VONT MARQUER 2018. Après 30 ans de carrière, rien n’arrête le chef pâtissier de la maison Lenôtre. Son nouvel objectif : devenir le Meilleur Ouvrier de France. 

« La maison Lenôtre mérite d’être représentée par l’excellence et l’excellence, c’est le concours. » Jean-Christophe Jeanson entame la dernière ligne droite de sa préparation pour le concours de Meilleur Ouvrier de France (MOF), en confiserie-pâtisserie, organisé du 22 au 26 janvier.

Il y a deux ans, ce spécialiste du baba au rhum, a déjà relevé le challenge, mais est passé à quelques grammes de sucre de la victoire. Cette fois, Jean-Christophe Jeanson, avec son crâne chauve et sa carrure imposante, se dit plutôt confiant.

« Ma femme m’a poussé à passer le concours. Vu les résultats de 2015, je pense avoir toutes mes chances », affirme le chef. « Tout mon temps libre, je le consacre à l’entraînement. Mon rythme de vie est très fatiguant. C’est un sacrifice énorme de ne presque pas voir ma famille [il est père de deux enfants, NDLR]. Mais ça vaut le coup !« 

« Jean-Christophe n’est jamais à la maison, mais je sentais qu’il y avait une réelle envie. C’est mon rôle de l’encourager », confie Claudia, son épouse. 

Un artiste novateur

Tartelettes, pâtes feuilletés, barres chocolatées : le planning du MOF s’annonce intense. Au total, l’homme à la toque blanche devra réaliser une cinquantaine de créations durant les 15 heures d’examen.

Cet amoureux de cuisine parfumée et raffinée entend y glisser sa création : un sablé étoilé au confit de citron, dessert acidulé à l’image de sa personnalité et inspiré par le Château de Versailles.

Sa passion du métier et son ambition du travail bien fait, restent ses premières sources de motivation. En cuisine, il ne manque pas d’humanisme : « Jean-Christophe est un vrai artiste novateur qui fait confiance aux personnes avec qui ils travaillent. Il a un véritable talent pour trouver des idées », témoigne Éric Lecoq, chef de production à la maison Lenôtre, qui travaille avec le candidat du MOF depuis 10 ans. 

Jean-Christophe Jeanson chez Lenôtre

Pour le grand chef au fouet et à la spatule, chaque pâtisserie est une œuvre d’art. Ce besoin de créer s’est imposé dans sa vie il y a plus de 30 ans. Né avec un éclair au chocolat dans son assiette, Jean-Christophe Jeanson raconte avoir arrêté l’école à 13 ans. 

Le jour où il a aidé son père, restaurateur, à réaliser une pièce montée pour un évènement, ce fut le déclic. Il lâche tout pour passer un CAP en pâtisserie, avant d’être embauché chez plusieurs traiteurs parisiens, comme Régnier et Réception Prestige, puis à la maison Lenôtre à Plaisir, dans les Yvelines. 

L’art de la pâtisserie a bercé l’enfance de Jean-Christophe Jeanson qui dégage un tel bouillonnement passionnel qu’il en a inspiré son fils, Andy, 24 ans. « En voyant mon père travailler, cela m’a donné envie d’exercer ce métier. C’est lui qui m’a lancé dedans, il m’a donné beaucoup de conseils », explique le jeune homme, devenu chef pâtissier à l’Abbaye des Vaux des Cernay, dans les Yvelines. 

Jean-Christophe Jeanson chez Lenôtre

Son dernier concours

Si Jean-Christophe Jeanson est aussi ambitieux pour le concours du Meilleur Ouvrier de France, ce n’est pas seulement pour sa reconnaissance personnelle. « Je le vois comme une belle opportunité de représenter au mieux la maison Lenôtre. Ce n’est pas normal d’avoir un chef non-lauréat, il faut que j’honore ma maison », affirme le chef pâtissier en installant minutieusement les dernières pièces sur un gâteau de mariage.

De nombreuses opportunités s’offriront à Jean-Christophe Jeanson s’il remporte le MOF, mais il ne les « regardera que d’un œil ». L’artiste compte rester dans sa maison.

Et s’il échoue ? Ce sera sa dernière participation au MOF. « Cela demande beaucoup d’énergie et à 50 ans, c’est déjà compliqué. Je pense que ma femme aurait aussi du mal à le supporter. »

                                                                                                  Margaux Bourgasser et Léa Ferry 

Écrit par Léa Ferry

Laisser un commentaire