Jacqueline Sauvage : La grâce est-elle possible ?

La mobilisation prend de l’ampleur autour de la demande de grâce présidentielle de Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de réclusion pour le meurtre de son mari qui l’a battu durant 47 ans. De nombreux collectifs, parlementaires et personnages politiques soutiennent sa cause. Le président François Hollande recevra cet après-midi les filles et les avocates de Mme Sauvage.

 

La grâce présidentielle est définie par l’article 17 de la constitution. Elle permet d’annuler entièrement ou partiellement la décision de justice rendu à l’encontre d’une personne. A noter que les faits resteront inscrits dans le casier judiciaire contrairement a l’amnistie. La grace présidentielle est-elle possible pour Jacqueline Sauvage ? La mobilisation y est favorable, mais pour les juristes, l’argument de la légitime défense n’est pas valable et ont peur que « ça pourrait être vécu comme une remise en cause des décisions de justice, rendues en plus par un jury populaire. » explique Virginie Duval à Europe 1.

 

Un soutien indéfectible

 Après la lettre signé par 370 000 personnes dont une cinquantaine de parlementaires, la maire de ParisAnne Hidalgo, l’ancien eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, l’eurodéputé Jean-Luc Mélenchon, mais aussi des actrices comme Anny Duperey ou encore la productrice Fabienne Servan-Schreiber. Nathalie Kosciusko-Morizet et Valérie Boyer ont rendu visite à Jacqueline Sauvage à la prison de Saran pour montrer leur soutien à la victime. Le groupe féministe Femen a aussi organisée un mouvement devant la prison ou elle était retenue.

François hollande est-il favorable ?

Le chef de l’Etat prétend « avoir entendu la mobilisation » tout en prenant bien soin de rappeller le caratère exceptionnelle nécessaire pour mettre en place la grâce. Il avait d’ailleurs rappelé, durant sa campagne de 2012 vouloir s’écarter de ce principe qui « rappelle à une autre conception du pouvoir ». Pour rappel, la seule grâce présidentielle accordée par François Hollande concernait Philippe El Shennawy et ne concernait pas sa libération mais la fin de sa période de sureté afin que le détenu puisse faire une demande de libération conditionnelle.

Romain Philips

Écrit par Romain Philips