Infographies. La France, mauvais élève du bien-être animal

La France dénombre pas moins de 63 millions d’animaux de compagnie, un record en Europe. Pourtant, l’Hexagone affiche un retard dans la considération du bien-être animal.

Un quart des foyers français comptent à la fois un chat et un chien, révèle une enquête Facco/TNS Sofres, publiée en printemps dernier. Leader européen du nombre d’animaux dans chaque foyer, la France reste tout de même dernière en Europe sur les questions du bien être animal.

# La France, leader des abandons                                                    

L’Hexagone est aussi le leader européen de l’abandon des animaux domestiques. En effet, toutes les heures, plus de 11 animaux domestiques sont abandonnés, soit environ 100.000 abandons par an, dont 60.000 l’été, selon les chiffres ministère de l’Agriculture.

La SPA, elle, en recueille une partie (40.000 environ par année) dans 63 refuges. En 2016, le nombre d’animaux abandonnés au cours de l’été a augmenté de 24%, selon celle-ci.

# Les lois sur la protection animale en Europe 

La France traîne aussi des pieds en matière de législation sur le bien-être animal. Elle se classe même en dernière position. L’Allemagne est sans doute le pays le plus avancé dans ce domaine : dès 1992 elle a adhéré à la Convention européenne. Depuis 1990, son code civil distingue aussi l’animal des choses.

La protection législative des animaux plusieurs pays ont montré l’exemple à la France. Le Code rural n’a été adapté qu’en 2015 pour reconnaître l’animal comme un « être sensible » et non plus un « meuble ». Le Code pénal lui punit les sévices et la maltraitance, mais de la théorie à la pratique, le fossé est immense.

# Dépense des Français pour leurs animaux domestiques

En matière de dépenses, les Français déboursent 883 euros par an pour leurs chiens. Cette somme comprend la nourriture, les frais vétérinaires, les achats en accessoires et produits d’hygiène ou encore les dépenses en assurances et services. Un budget encore loin de celui des Britanniques. Eux dépensent jusqu’à 1.400 euros pour leurs chiens.

# Assurance santé pour animaux en France  

La bonne santé de son animal n’a pas de prix ? Elle peut toutefois coûter cher. En 10 ans, les coûts annuels des soins pour les animaux de compagnie ont augmenté de 72%. Pour les prévenir, certains Français choisissent de couvrir leur animal avec une assurance afin de réduire les dépenses.

Seuls 4% des animaux sont actuellement assurés en France mais le nombre de bénéficiaires augmente : il n’était que de 2% il y a encore quelques années. La France accuse tout de même un retard en la matière car d’autres pays comme la Suède ou l’Angleterre affichent un taux d’animaux assurés de respectivement 80% et 20% en 2016.

# Parti animaliste : la France en dernière position

Les chats et les chiens vont enfin avoir leur candidat ! La France compte depuis cette année un parti politique de plus : le Parti animaliste. Ses sept co-fondateurs veulent « faire émerger la question animale en politique » et leur programme est axé uniquement sur la défense des droits des animaux. « Nous voulons par exemple adosser à la Constitution une charte de la protection animale et abolir la corrida et les combats de coqs », explique Hélène Thouy, avocate et porte-parole du parti, dans une interviewe au journal 20 minutes.

La France a  10 ans de retard par rapport à d’autres pays. Aux Pays-Bas, le Parti pour les animaux créé en 2003 a plusieurs élus au parlement. En Espagne, le Parti animaliste contre la maltraitance animale réalise des scores de plus en plus importants aux élections, réunissant 1,19% des suffrages aux législatives de juin 2015. L’Allemagne, toujours, est un pionnier : en 1993 est créé le Parti de protection des animaux, mais le parti stagne aujourd’hui autour de 1% des voix.

Florence Peroumal 

Écrit par Florence Peroumal