Handball : les cinq secrets de la réussite française

Comme leurs homologues masculins, les féminines de l’équipe de France de handball ont été sacrées championnes du monde, lundi soir, asseyant encore un peu plus la domination tricolore sur ce sport. 

«La France est incontestablement la meilleure nation de handball au monde», déclarait à l’Elysée, le président de la République, Emmanuel Macron, tout sourire, aux côtés des désormais championnes du monde, lundi soir. Il faut dire que la veille, à Hambourg, en battant la Norvège en finale du mondial féminin (23-21), les handballeuses ont permis à la France de décrocher, la même année, le titre mondial chez les femmes ainsi que chez les hommes. Une première pour la France, un exploit inédit depuis près de 35 ans au niveau mondial.

Et si le hand tricolore est bel et bien sur le toit du monde, cela ne saurait être anodin. Bien au contraire. Quels sont les secrets de la suprématie française sur le monde du handball ? Voici 5 éléments de réponse.

1) Une formation pointue, basée sur un système fédéral

« Je pense que l’une des clés d’un tel exploit, c’est le système de détection, de sélection et de formation que beaucoup de pays nous envient », affirme Odile Dubus, membre du conseil d’administration de la Fédération française de handball pendant près de 15 ans. « Il y a une détection quasi systématique dans tous les territoires, avec une sélection ensuite, qui au fil des différents niveaux, devient de plus en plus drastique », ajoute-t-elle. Pour cela, 48 pôles ont été crées et répartis sur l’ensemble du territoire. Permettant, en principe en tout cas, qu’aucun talent ne passe au travers des mailles du filet.

Un système, permis par l’Etat, qui semble pleinement satisfaire Olivier Krumbholz, sélectionneur de l’équipe féminine, comme il l’a affirmé en conférence de presse : « On travaille à tous les étages, on a beaucoup de structures de formation et beaucoup d’entraîneurs compétents, ce qui nous permet d’avoir un vivier très important. Je suis content pour tout le monde, tous ceux qui ont eu ces jeunes filles en club, ou en pôles, dans les structures de formation. C’est une belle récompense. »

2) Derrière un sportif de haut niveau, un cerveau bien construit

Autre secret de la réussite actuelle, le fait de pouvoir compter sur des joueurs et des joueuses qui disposent de fondations intellectuelles solides. « On valorise vraiment le double projet. A la fois sportif, mais aussi d’éducation, d’études. Par exemple, nous à Paris, on a des joueuses qui sont à la fois professionnelles, mais qui, à côté, suivent un cursus de haut niveau à Science Po », nous précise Odile Subus, qui est aussi vice-présidente du club professionnel Issy-Paris Hand.

Pour celle qui a été la première femme à arbitrer une rencontre internationale, cette donnée est même primordiale pour lutter contre la pression et les tensions internes et externes, qui entourent une carrière professionnelle :« Cela leur permet de ne pas s’occuper que de leur corps, mais aussi de leur esprit. C’est aussi cela un sportif de haut niveau. C’est vraiment la marque du handball français. »

3) Un championnat national relevé et soutenu

Pour permettre aux handballeurs et handballeuses de l’hexagone de rester constamment sous pression, et surtout concernés, le championnat de France est une véritable aubaine. « Chez les garçons comme chez les filles, on a 12 ou 14 clubs qui jouent toutes les semaines, et parfois deux fois par semaine, des matches intéressants, à enjeux. C’est ce qui permet de garder les athlètes concentrés sur des objectifs, et d’arriver prêts lors des grands évènements », ajoute la vice-présidente de l’actuel 5ème du championnat, club dans lequel la plupart des récentes championnes ont été formées.

4) Un nombre de licenciés en augmentation constante

554.000, c’est le nombre de licenciés à la Fédération française de handball enregistré pour 2017, dont 40% de pratiquantes féminines. Un nombre conséquent, mais surtout grandissant. « La dynamique actuelle est bonne, mais n’est pas récente, elle a au moins 20 ou 25 ans, et s’appuie sur un socle très large puisque nous sommes passés de 200.000 à plus de 500.000 licenciés durant cette même période », note Odile Subus.

Fier de cet intérêt, Joël Delplanque, le président de la Fédération (FFH) tient même à le voir persévérer, comme en témoignent ses propos accordés à Europe 1 : « Nous faisons tout pour que ce renouvellement de l’élite ne soit pas interrompu mais s’améliore au contraire, avec notamment les joueuses d’outre-mer. »

5) Une restructuration nécessaire

Pour combler l’écart avec certaines nations, plus performantes il y a de ça quelques années, l’équipe de France de handball a du se restructurer. « On a mis l’accent sur ce qui est préparation et récupération physique. On avait trop souvent devant nous cette équipe de Norvège, aux conditions physiques exceptionnelles », a commenté le patron des Bleues, lundi, en conférence de presse. Aujourd’hui, les féminines peuvent s’appuyer sur un staff élargi, identique à celui des garçons, avec des kinésithérapeutes, des statisticiens vidéo et même un préparateur mental, dans le but avoué de gagner, encore et encore.

Simon Fuentes

Écrit par IEJ3A