Guillaume Natas, le Français qui met le Québec à l’honneur

CEUX QUI VONT MARQUER 2018. Il est à la tête du premier restaurant québécois de Paris où chaleur et bonne humeur sont de mise. Portrait de celui qui a ramené la Poutine dans la capitale.

« On veut être un fast-good reconnu ! » Cette ambition, c’est celle de Guillaume Natas. Ce Parisien de 28 ans s’est donné comme objectif d’intégrer le cercle des nouveaux restaurants branchés de la capitale.

Après des études d’informatique à l’Institut Européen de Technologie, il s’est lancé dans la périlleuse aventure de l’entrepreunariat, en démarrant trois affaires bien différentes, dont l’escape game l’Espilon Escape et un bar. Sa dernière en date ? La Maison de la Poutine.

Aucun rapport avec le président russe, la Poutine est un plat très populaire au Québec qui se compose de frites, de fromage et d’une sauce brune à la recette secrète. Incontournable à Montréal, elle se découvre désormais au 11 rue Mandar, dans le deuxième arrondissement de Paris.

« Quand on a décidé de lancer le produit avec mes associés [son frère, Erwan Carderec, et Florent Steiner, NDLR], on est parti au Québec cinq jours et on a mangé de la poutine, mangé de la poutine, mangé de la poutine ! » s’amuse le jeune homme élancé.

Le but n’étant pas d’importer seulement le produit mais de le franciser : « On a un chef français donc forcément on la modifie un peu, on n’est pas en train de copier […] mais on garde le respect de la base. » Une recette québécoise mais des produits français ! Eh oui, pour ce patron hyperactif, il faut miser sur le “made in France”. « On fait d’ailleurs fabriquer le fromage en Savoie par un maître fromager français qui a été formé au Québec. »

De nouveaux restaurants prévus en 2018 

Situé dans le quartier de Montorgueil, son restaurant se veut un véritable havre de paix où règnent chaleur et bonté. « L’ambiance est bonne ici je ne sais pas pourquoi… » Guillaume Natas réfléchit : « Un peu à la québécoise en fait ! »

Un avis partagé par les clients, comme Marine, trentenaire : « L’endroit est super cool ! Certes on mange bien mais en plus on est invité à partager notre table avec des inconnus. C’est super chaleureux ! »

Pourtant, ce n’était pas gagné dès le début. En effet, la première semaine d’ouverture, le met québécois a été victime de son succès. « On a ouvert un matin et le soir on s’est fait déglingué, tellement il y avait de monde. On a carrément dû fermer pour rupture de stock. Aujourd’hui tout le monde nous en parle… Mais ça fait notre histoire aussi ! »

Malgré cette mésaventure, l’équipe à su apprendre de ses erreurs et proposent désormais un service en continu.

Fort de ce succès – quoiqu’un peu compliqué – Guillaume Natas ne compte pas s’arrêter là. Son ambition est galopante : « La maison de la Poutine, ça va être une chaîne. On va y aller doucement mais sûrement. On a déjà un autre resto qui est en préparation, il fera même épicerie ! »

L’entrepreneur semble avoir trouvé le bon filon, mais il espère aussi faire de « la maison de la Poutine, un lien entre le Québec et la France ».

Il a puisé cette idée en s’inspirant d’une autre chaîne à succès : Big Fernand. « J’ai beaucoup d’admiration pour ce qu’ils ont fait. Tout est réussi, tout est intelligent. Ils ont amené un bon produit, ils le font bien, ils le vendent bien… Oui, je n’ai pas peur de citer les confrères. »

Avant de devenir une chaîne à part entière, le concept devrait évoluer pour assurer leur leadership sur le marché. « On compte faire de la livraison dans les prochains mois. On sait qu’il va y avoir de nouveaux concurrents donc il faut que l’on assure notre place en nous diversifiant ! »

A contrario de ce qu’avance le site Konbini, Guillaume Natas et sa Poutine « n’entendent pas remplacer la raclette » dans le coeur des Français. Mais, il l’assure, « en 2018, [on] entendra encore parler de la Maison de la Poutine » !

Valentin Demay et Maxime Vautrelle

Écrit par Valentin Demay

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