Grève à Radio France : vers l’infini et au delà ?

27 jours. Presque un mois que les auditeurs de Radio France écoutent sur les ondes de la radio publique.. de la musique, et non plus leurs programmes habituels. Le point de départ de cette grève historique ? Le groupe public a adopté fin janvier un budget 2015 déficitaire de 21,3 millions d’euros. Retour sur une grève record, qui n’en finit plus. 

Pour combler le déficit de la maison Radio France, Mathieu Gallet, récemment intronisé à la tête de la structure radiophonique, a  annoncé vouloir effectuer des « choix structurants ». Sous entendu, réfléchir au budget et voir dans quelles tranches il est possible de réaliser des économies.

Les salariés craignent de leur côté une suppression de poste et une tentative d’« étranglement budgétaire » . C’est à l’appel de plusieurs syndicats qu’une grève a été décrétée le mercredi 11 avril à minuit. Elle ne devait durer que 24 heures. Près d’un mois plus tard, la situation est au statu quo… en musique.

Mais contrairement au proverbe, la musique n’adoucit pas les moeurs chez Radio France. La grève continue de plus belle ces derniers jours.

Mathieu Gallet semble avoir perdu la confiance des salariés de Radio France. La note plutôt salée de la rénovation de son bureau, la révélation de ses précédentes dépenses à l’INRA par le Canard Enchainé, et la plainte qu’il a déposée, ont fragilisé son statut selon les différents syndicats. Une lutte dans laquelle la ministre Fleur Pellerin est obligée d’intervenir pour tenter de calmer un débat sulfureux.

La dernière grève de cette ampleur date d’il y a dix ans et le malheur des uns (le taux de gréviste est estimé a 8%) fait pourtant le bonheur des autres. Les stations concurrentes comme RTL ou Europe 1 ne voient sûrement pas cette grève d’un mauvais œil et comptent sur la lassitude des auditeurs pour en « rattraper » quelques uns. Il faut dire que les différentes antennes constituant Radio France représentent 14 millions d’auditeurs, soit 25% de l’audience radio en France. Les chiffres ne sont pas encore connus mais ils devraient confirmer la fuite des auditeurs. Tout ce que l’on sait pour le moment c’est que le conflit engendre une perte de 1 million d’euros par semaine depuis son commencement. La grève devrait donc, à terme, coûter très cher à Radio France.

Écrit par Joana Atthar