Google, Facebook, eBay… dénoncent une surveillance du web

Le projet de loi sur le renseignement arrive à l’Assemblée nationale, mais une mesure reste particulièrement en travers de la gorge des géants du net : la surveillance du web français. Explications.

(Google / Pixabay)

Après le vote de la loi, le géant américain sera obligé de dévoiler ses informations au gouvernement français.  (Google / Pixabay)

Un homme de 41 ans a été interpellé en août dernier par les autorités américaines à Houston (Texas, Etats-Unis) pour pédopornographie, grâce à des informations fournies par Google. De quoi constituer un pas supplémentaire dans la surveillance des internautes par les géants du net.

La surveillance dans le cadre de la publicité en ligne est désormais admise, mais elle tend à aller beaucoup plus loin, afin dans l’idée de servir une surveillance étatique. Le projet de loi sur la surveillance entend aller dans ce sens sous couvert de lutte anti-terroriste.

Le texte prévoit d’obliger les services internet et les fournisseurs d’accès à installer des « boîtes noires » secrètes dans leurs systèmes pour détecter tout comportement d’internaute suspect. Ces informations seront ensuite récupérées pour les services de renseignements.

La mesure a fait bondir l’Association des services internet communautaires (Asic) qui rassemble Google, Facebook, eBay… Elle a manifesté son inquiétude à propos d’une « surveillance massive sans garde-fous ».

« La démocratie est en danger »

Le gouvernement se veut rassurant. Le Premier ministre, Manuel Valls a martelé que son projet ne vise « en aucun cas à mettre en œuvre une surveillance généralisée des citoyens ». Tristan Nitot, membre du Conseil National du Numérique rappelle que ce point est encore « très trouble ».

Un constat partagé par Benjamin André, membre de l’Association française des éditeurs de logiciels et solutions internet (AFDEL) qui qualifie cette réforme de « choquante ». Pour lui, ce projet de loi est « dangereux pour l’avenir de la démocratie »Il alerte sur les motivations des prochains chefs de l’Etat « on ne sait pas qui sera au pouvoir en 2017 ou même dans dix ans. Une personne pourrait se servir de ce système pour écarter ses dissidents. »

Qui plus est, un amendement a été ajouté et précise que « l’interdiction de révéler la mise en oeuvre d’une technique de recueil de renseignement concerne également les opérateurs ». Pour les acteurs du web qui seraient décidés à ne pas aider le gouvernement en signe de contestation, des sanctions sont déjà prévues, peuvant atteindre jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 375.000 euros d’amendes.

Mécontent de la situation, l’ASIC appelle purement et simplement à la suppression de ce dispositif prévoyant l’installation de boîtes noires.

Sébastien Martins

Écrit par floseb