Plusieurs milliers de russes ont manifesté le week end dernier dans tout le pays contre la corruption des élites et plus de mille d’entre eux ont été arrêté dont Alexei Navalny.

 

La vague de contestation de dimanche dernier a été marqué par deux faits nouveaux : les manifestations étaient nombreuses dans les villes de provinces plutôt réputées calmes et l’âge moyen des participants a considérablement rajeuni, les opposants « historiques » au Kremlin étant rejoints par des jeunes lycéens nés au début du siècle et qui n’ont donc connu que Poutine comme Président.

Tout un pays mobilisé

D’une ampleur inédite depuis le retour politique de Vladimir Poutine en mai 2012, ce rassemblement a réuni au moins 80 000 personnes en plein cœur de Moscou. Cependant ces mouvements de révoltes ne se sont pas limités à la capitale russe mais ont touché également sa périphérie et ses provinces puisque plusieurs milliers de manifestants ont été enregistré dans tout le pays Slave. De Vladivostok à Makhatchkala dans le Daguestan, en passant par les villes de la Sibérie, de l’Oural et jusqu’à Saint Petersburg ; ce qui montre réellement que la mobilisation était de grandeur nationale. Au total, il y a eu des manifestations dans 99 villes malgré le fait qu’elles étaient interdites dans 72 villes. Cette expression de colère va sans doute donner à réfléchir au pouvoir.

Une jeunesse aux abois

Le régime russe a été pris de cours par l’impact des manifestations interdites de dimanche dernier, où une nouvelle génération a semblé s’émanciper de la propagande du Kremlin. Les slogans des manifestants incluaient « la Russie sans Poutine », « la destitution » et «la honte ». Dans les entretiens, de nombreux manifestants ont souligné leurs doléances sociales, beaucoup de jeunes russes avouent ne plus croire en leur avenir et dénoncent l’enrichissement personnel de la classe politique russe. « Quand seront-ils assez riches ! » s’insurge un contestataire. Ces jeunes qui n’ont finalement que connu Vladimir Poutine au pouvoir ont plutôt l’âge d’être les enfants de l’opposant Alexeï Navalny, tout jeune quadra qu’un Mikhaïl Kassianov, 59 ans, président d’un parti d’opposition en difficulté (Parnas). L’un des jeunes opposants en montrant du doigt un hélicoptère qui évoluait au dessus des manifestants, a confié avec sincérité avoir peur tout en ajoutant «le peuple en a marre, ils veulent des réponses sur les millions volés. En Europe, les gens peuvent sortir quand ils ne sont pas contents.

Ici tout est bloqué, on est arrêté et envoyé en prison ». Aujourd’hui, Alexeï Navalny en maitrisant les codes des jeunes est parvenu à les mobiliser. Ils se sentent aujourd’hui concernés et possèdent une véritable conscience politique.

Écrit par Wallis Reboul-Valais

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