Le premier ministre a proposé une nouvelle fois la fusion des listes de droite et de gauche pour contrer le FN aux régionales. Sans retenu, les rivaux à droite et à gauche rejettent cette idée. Pourtant, il s’agit bien là d’une conviction indéniable, pour Manuel Valls.

Manuel Valls seul contre tous ? Quoi qu’il en soit, le Premier ministre assume. Avec conviction, il répète jeudi soir qu’une fusion entre les listes de droite et de gauche là où le Front national pouvait l’emporter était envisageable. L’idée irrite la majeure partie des camps socialistes et républicains. Marine Le Pen, quant à elle, s’est jeté sur la question en exploitant dans le fameux discours démagogique de nos temps. « Je suis très heureuse. Il y aura d’un côté les patriotes et de l’autre l’UMPS décomplexé », a-t-elle déclaré.

Une conviction politique a double tranchant

Le premier ministre semble s’isoler, pourtant, il s’agit là aussi d’une stratégie politique tangible. Si la droite et la gauche refuse définitivement cette fusion, Manuel Valls ne serait alors pas répréhensible en cas de victoire du FN dans plusieurs régions.

Manuel Valls mise aussi sur une recomposition du paysage politique français. A l’instar du modèle politique allemand, les forces républicaines devront se battre ensemble pour constituer une majorité face au parti d’extrême droite.

Adulé à droite, incompris à gauche

On ne pourra toutefois pas reprocher à l’ancien premier flic de France d’être incohérent. Si la droite rejette l’idée d’une fusion, elle a souvent félicité l’engagement politique de celui-ci. Jean-François Copé, « sincèrement heureux de sa nomination », l’avait appelé en 2012. Un an plus tard, il affirmait que le discours de Manuel Valls était bien souvent celui de l’UMP. « Comment dans ses conditions peut-il rester au gouvernement ? », avait-il poursuivi.

D’autres figures de la droite « pas vraiment molle » s’était prononcé en sa faveur. Brice Hortefeux aussi, s’est permis de lui laissé un message lors de sa nomination Place Beauvau. Christian Estrosi, lui, confie à demi-mot : « Manuel et moi, quelle différence? On parle le même langage, mais toute sa démonstration est détruite par [la garde des Sceaux] Christiane Taubira. »

Condamné mais toujours constant

Au sein de son propre camp, l’ascension de Manuel Valls a été contestée à cause de ses positions « droitières ». Il a toutefois trouvé des alliés avec qui travailler sur la sécurité ces dernières années, une doctrine délaissé par la gauche, et initialement utilisé par la droite.

De plus, l’actuel Premier ministre a toujours combattu le Front National, ne l’oublions pas. De ce combat, il a même fondé l’un de ses marqueurs politiques. C’est donc une véritable conviction qu’il a réaffirmé jeudi soir. Une certitude appuyé, au risque de désorienter la gauche, et d’être une nouvelle fois assimilé à « un socialiste de droite ».

A.Amarouche

Écrit par Arezkiamarouche