Front National : deux lignes ou plusieurs fronts

Les récentes sorties de Marion Maréchal-Le Pen sur le remboursement de l’IVG ont fait réagir au sein du Front National qui ne cautionne pas ses propos sans pour autant se séparer fermement de la favorite du vote traditionnel. 

Le temps semble aux règlements de comptes au Front National. Deux lignes s’opposent : un FN « de gauche » souverainiste défendu par Florian Phillipot se définissant gaulliste et celle d’un parti traditionaliste dur dans la mouvance de Marion Maréchal. Dans cet affrontement, il y a un juge suprême, Marine Le Pen.

Finalement, la dirigeante du FN a tranché pour cette campagne présidentielle et ce sera plutôt la ligne Phillipot qui l’emportera, probablement moins clivante et rapportant sans nul doute plus de voix. D’autant plus que le reste de l’échiquier politique de droite et du « centre » défend un libéralisme à tout crin, le choix souverainiste protectionniste semble donc le plus approprié pour le parti.

Marion Maréchal, la révolution conservatrice

Ce n’est pas pour autant que Marion Maréchal-Le Pen est devenue inutile pour le FN, loin de là. Elle représente la réserve catholique traditionnelle qui s’était manifestée à grand fracas lors du passage de la loi Taubira en 2013. Celle-ci est également très active sur les réseaux sociaux. En réalité, loin de se scinder, le Front National diversifie son activité et élargit sa gamme avec des dissensions qui finissent par rester lettre morte au moindre mot de la chef du parti.

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Les bisbilles de ces derniers jours sont incomparables aux scissions survenues au FN à ses débuts dans les années 1970 ou en 1999 avec le MNR de Bruno Mégret qui étaient plutôt d’ordres structurelles. Ces débats au sein du FN ne sont pas contreproductifs, ils permettent au contraire à des mouvances de droite que l’on entendait moins ces dernières années de créer des réactions médiatiques.

De surcroit, les partis ou les associations dissidents du FN (« Génération identitaire », « Egalité et réconciliation », etc.) continue de faire campagne pour lui sans le vouloir, faute d’autres partis rejoignant de près ou de loin leurs idées. Ces divisions apparentes renforcent plutôt le parti à la flamme qui peut désormais jouer sur plusieurs fronts.

Martin Dawance

Écrit par iejpedago