Finkielkraut à l’Académie française : une élection controversée

L’ancien militant maoïste de 66 ans a été élu pour occuper l’ancien fauteuil de Felicien Marceau à l’Académie Française. Demain il s’installera sur le fauteuil 21, alors que son élection au sein de la célèbre institution fait débat. 

Alain Finkielkraut, philosophe français, a été élu par 16 voix sur 28 en avril 2014. Huit bulletins étaient barrés d’une croix rouge en guise de désaveu. Certains académiciens ont déclaré désapprouver son élection ; l’essayiste étant jugé par quelques-uns de « trop réactionnaire » voir de « lepeniste ». Souvent critiqué de « néo-réactionnaire », il a expliqué sur France Inter qu’il était qualifié comme tel parce qu’il « critiquait la culture de masse et l’effondrement de la culture républicaine ». « Si vous résistez au présent, vous êtes néo-réac », a-t-il précisé avec ironie. Fier d’intégrer l’Académie Française, il a poursuivi en déclarant que l’institution incarnait « la résistance de la civilisation ».

A lire aussi : Académie Française, trois nouveaux candidats au fauteuil d’Assia Djebar

Jean Clair, académicien depuis 2008, se prononce dans Le Monde, estimant qu’accuser Alain Finkielkraut d’être « un courrier du FN » est une « ignominie ». En effet, le père du philosophe, juif polonais a été déporté à Auschwitz avant d’émigrer en France. L’essayiste prendra la place de Felicien Marceau et devra en faire l’éloge, comme le veut la tradition. Ironie du sort, son prédécesseur a été condamné à 15 ans de prison en Belgique ; il avait collaboré avec l’occupant nazi avant que De Gaulle ne lui accorde la nationalité française. « Je suis attendu au tournant parce qu’un certain nombre de gens se frottent les mains » a annoncé Alain Finkielkraut, « Ils se disent, un néo-réac qui fait l’éloge d’un collabo, bien fait pour lui ».

 

Estelle Priam

Écrit par Estelle Priam