La Ferme tropicale : seul point de vente de reptiles à Paris

Il a créé la ferme tropicale et en est le gérant depuis 1993. En 20 ans, il a vu son activité exploser. Serpents, iguanes, caméléons, il est à la tête d’une véritable arche de Noé. Rencontre avec Karim Daoues, seul vendeur de reptiles à Paris.

Karim Daoues, fondateur de la Ferme tropicale

Karim Daoues, fondateur de la Ferme tropicale ©Ariane Ménage

IEJ NEWS : Quelles sont les démarches à effectuer pour avoir un serpent chez soi ?

Karim Daoues : Il n’y a pas particulièrement de démarche à effectuer afin d’acquérir un serpent ou tout autre reptile. Tous les animaux que l’on trouve en animalerie sont en détention libre. On peut donc détenir librement jusqu’à 25 serpents. A partir de ce seuil, la personne doit posséder un certificat de capacité, prouvant son aptitude à s’occuper d’autant d’animaux.

La seule règle imposée est celle de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces, ndlr) sur la traçabilité des animaux domestiques. Il faut parfois spécifier l’origine de certaines espèces avant de pouvoir les acheter. Pour une première acquisition, il est possible d’effectuer une formation. À la Ferme tropicale, nous réalisons des ateliers théoriques et pratiques. Des centres de formation spécialisés permettent également d’obtenir un certificat de capacité.

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Remarquez-vous aujourd’hui un engouement pour les NACS ?

Le phénomène de « mode » n’est pas nouveau. Le marché était effectivement en forte croissance jusque dans les années 2000. Ce qui est récent en revanche, c’est le fait que les NACS soient devenus accessibles à tous, notamment grâce à internet. Aujourd’hui, une personne qui souhaite acquérir un serpent trouvera sans problème toutes les informations qui lui sont nécessaires. N’importe qui peut donc élever ces animaux dans de bonnes conditions. Ce marché est même devenu en quelque sorte auto-producteur puisque nos clients élèvent et reproduisent ces animaux pour nous revendre les petits ensuite. Il y a 30 ans, nous avions énormément recours à l’importation ; aujourd’hui nous récupérons aussi des animaux élevés en captivité.

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Quels animaux vendez-vous le plus ici ?

Nous proposons aussi bien des reptiles comme des serpents ou des iguanes que des amphibiens. On propose même, selon les arrivages, des araignées. Nous vendons environ 7 animaux par jour. Mais la plupart de notre clientèle s’adresse surtout à nous pour acheter des « consommables » : des grillons, des souris ou autres rongeurs afin de nourrir leurs reptiles.

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Est-ce coûteux de posséder un reptile ?

Acquérir un reptile est bien moins cher qu’adopter un chat ou un chien. Mais il est vrai que le premier achat peut être cher car il faut s’équiper. Pour l’habitat, il faut compter entre 150 et 300€. Quant aux serpents, ils sont vendus en moyenne entre 50 et 150€ selon les espèces. Les frais de nourriture et d’entretien, eux, sont plutôt faibles. Sans compter qu’un serpent ne mange qu’une souris toutes les deux semaines.

Informez-vous vos clients des risques liés à l’abandon d’un animal ?

Oui, notamment pour qu’ils évitent de les relâcher dans la nature. Si toutefois, ils veulent se séparer de leurs animaux, nous les reprenons, ici ou en salon d’acclimatation. Ils retrouvent rapidement de nouveaux propriétaires. En quelque sorte, nous sommes une « SPA spéciale reptiles ».

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Donc aucun risque de croiser un boa dans le métro ?

Non. Ce sont des espèces tropicales, elles ne peuvent donc pas survivre hors d’un environnement chauffé. De plus, c’est très rare que les propriétaires relâchent leurs animaux. Dans la plupart des cas, il s’agit d’animaux qui se sont échappés. Les serpents, par exemple, sont les rois de l’évasion. Ils sont alors récupérés par les pompiers, qui nous les confient. Nous les gardons alors à disposition de leurs propriétaires pendant un mois. Pour venir les chercher, ces derniers doivent saisir la préfecture de police pour demander un ordre de restitution.

Diaporama ferme tropicale
Diaporama ferme tropicaleMar 17, 2016Photos: 14
 

Ariane Ménage, Chloé Le Ribaut, Solène Collas

Écrit par chloe.leribaut