ExoMars : l’odyssée spatiale version européenne

La première étape de la mission ExoMars, qui a décollé ce lundi, a pour but d’analyser les gaz de l’atmosphère martienne et de tester un atterrisseur pour l’Europe, associée à la Russie. Une seconde partie suivra, pour déposer un robot à la surface de Mars, afin d’y trouver des traces de vie passée.

Le programme ExoMars tire son nom de l’exobiologie, la science qui recherche des traces de forme de vie extraterrestre. Mené en coopération avec Roscosmos, il s’articule autour de 2 missions qui seront successivement lancées par deux fusées russes Proton.
La première ExoMars 2016 a été lancée ce lundi avec succès, de la base de lancement Baïkonour au Kazakhstan.
La fusée Proton russe est équipée de deux dispositifs européens. Le premier est un module d’atterrissage de la taille d’une petite voiture. Ce petit bonhomme sert en réalité de « crash test », il atterrira à l’aide d’un parachute sur le site Meridiani Planum, là où a déjà atterri le robot américain Opportunity en 2004. Il va aider les chercheurs à préciser les paramètres d’atterrissages pour de futures modules ou rover envoyé par l’agence européenne.


Le deuxième, est une sonde baptisée TGO (Trace Gaz Orbiter), son rôle, essentiel pour les scientifiques, sera de « renifler » l’air de la Planète Rouge pour y trouver quelconque trace de gaz rares. On pense surtout au méthane, présent naturellement dans l’atmosphère terrien. Si présence il y a on pourrait conclure d’une éventuelle activité volcanique passée.

Le voyage

La fusée Proton décollée avec succès ce lundi, arrivera en bout de course en Octobre 2016. Les deux modules évoqués ci-dessus se sépareront non loin de la surface martienne. L’un tentera l’atterrissage, tandis que la sonde TGO entamera une orbite elliptique autour de Mars. Leur autonomie respective sera de deux à quatre jours pour l’atterrisseur, et de quatre ans pour le « renifleur ».

 

ExoMars 2018

Nous en venons à la partie la plus exaltante du projet russo-européen. En mai 2018 sera lancé une deuxième fusée Proton qui contiendra à son bord un plateforme russe portant des instruments scientifiques. Elle fera office de laboratoire martien pour les scientifiques russes et européens et sera en activité deux ans. Le deuxième module sera un rover européen comportant neuf instruments de mesure dédiés à l’étude du sol et du proche sous-sol, ainsi qu’une foreuse. Son autonomie est estimée à environ 8 mois.
Le projet, si il prend du retard pourrait être reporté à 2020, des fenêtres pour la mystérieuse Planète Rouge ne sont pas si nombreuses.
Pour des informations plus détaillées et précises sur le sujet je vous conseille d’aller sur le site dédié à la mission, ici.

Retard accumulé

Il est bien connu, les Etats-Unis et leur ultra célèbre NASA, ont plusieurs longueurs d’avance sur nous. Avec déjà trois engins tout-terrain envoyés sur le sol rouge, le premier Sojourner en 1997, puis vint le célèbre Opportunity en 2004, toujours en activité, et enfin le dernier en date le très performant Curiosity, qui a foulé le sol aride de Mars en 2012. Tous ce que nous savons sur Mars nous provient de l’agence américaine, qui a pour le moment le monopole des découvertes.
Et ce n’est pas faute d’avoir essayé, Russes, Britanniques, Chinois, tous ont tenté d’approcher l’énigmatique planète qui semble cacher encore de nombreux mystères.
L’heure est venue pour le Vieux Continent de prouver qu’il a encore son mot à dire dans la conquête spatiale.

 

À voir : le décollage réussi de la fusée Proton :

Carl Klink

Écrit par Carl Klink