Etats-Unis: une réforme fiscale pour un univers impitoyable

La réforme de la fiscalité américaine a franchi ce mercredi l’étape décisive du Sénat, ouvrant la voie à une victoire politique majeure pour Donald Trump. Si le vote de la chambre du Congrès s’avère favorable, ce système fiscal sera une première pour les Etat-Unis.

Depuis le début de sa campagne électorale, Donald Trump a séduit ceux qui se sentent méprisés par les élites des Etats-Unis. Pourtant, la réforme fiscale adoptée ce mercredi au Sénat est contraire de leurs attentes. Les 1 500 milliards de dollars de réduction d’impôts concerneraient en majorité les grandes entreprises et les américains les plus fortunés. L’essentiel de la mesure vise à faire passer l’impôts sur les entreprises de 35% à 21%. Pour les particuliers, sept tranches d’imposition sont mises en place de 10% à 37% pour les plus aisés, au lieu de 39,6 % actuellement. Selon les premières estimations les grandes sociétés vont voir leurs bénéfices grimper en flèche : une augmentation de 10% à 30 %.

Réduire les impôts des plus favorisés générerait, selon le gouvernement américain, une croissance économique qui entraînerait immédiatement toutes les classes sociales — les plus pauvres inclues.

Une réforme trop tardive?

Ce système fiscal avait déjà vu le jour en 1986 sous Ronald Reagan sauf qu’une grande différence sépare ces deux époques et de ce fait ces deux réformes. Aujourd’hui contrairement aux années 1980, ce transfert de richesse arrive sur une fin de cycle de reprise économique.

De nombreux économistes affirment que cette reforme n’aura qu’un effet limité sur la croissance et l’investissement, étant donné que les bénéfices des entreprise sont déjà à leur apogée. La majorité des Républicains en est conscients, et voient déjà un accroissement du déficit budgétaire pointer son nez.

Donald Trump affirme toujours comme un forcené que cette réforme fiscale constitue «  le plus beau cadeau de noel pour la classe moyenne »

Mais cette fois les Américains ne se sont pas dupes, selon les derniers sondages, les deux tiers des américains sont opposés à la réforme.

Khemais BENISMAIL

Écrit par IEJ3A