Encore plus de journalistes détenus en 2016

Le rapport annuel de Reporters sans frontières (RSF) publié ce mardi 13 décembre déplore une importante augmentation du nombre de journalistes emprisonnés dans le monde. La Turquie détient le triste record dans ce domaine.

Des citoyens turques protestent contre l’arrestation de nombreux journalistes.

« A ce jour, 348 journalistes sont emprisonnés dans le monde, ce qui représente une augmentation de 6% par rapport à 2015 »dénonce l’ONG « Reporters sans frontières » (RSF) dans un rapport publié le 13 décembre. Une hausse notamment liée à la situation en Turquie où plus de 100 journalistes et collaborateurs de médias se trouvent aujourd’hui en prison.

RSF souligne par ailleurs que la part de femmes journalistes emprisonnées a plus que quadruplé cette année (21 contre 5 en 2015), « ce qui témoigne de la féminisation du métier mais surtout du désastre que traverse la Turquie, où un tiers d’entre elles sont détenues ».

Le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, déplore dans un communiqué qu’ »aux portes de l’Europe, une véritable chasse aux sorcières a jeté en prison des dizaines de journalistes et fait de la Turquie la plus grande prison pour la profession. En un an, le régime d’Erdogan a anéanti tout pluralisme médiatique face à une Union européenne bien mutique sur la question ».

Créer un représentant spécial

Au-delà de la Turquie, d’autres nations apparaissent dans ce rapport comme responsables de ce bilan inquiétant. Ainsi, la Chine, l’Iran, et l’Egypte concentrent avec la Turquie plus des deux tiers de l’ensemble des journalistes emprisonnés. RSF réclame en réaction la création d’un représentant spécial pour la sécurité des journalistes directement rattaché au secrétaire général des Nations unies.

Seule éclaircie au tableau, le nombre de journalistes retenus en otage qui a toutefois baissé cette année par rapport à 2015 : 52 journalistes sont aujourd’hui otages dans le monde, contre 61 l’an dernier à la même date. L’Etat Islamique en détient 21 à lui seul.

John Barrot

Écrit par iejpedago