En 2017, Mikaël Brageot se voit pousser des ailes

Depuis presque toujours Mika Brageot est lié au ciel. Ce tout juste trentenaire est l’un des plus grands espoirs de la voltige aérienne française et mondiale. Déjà parmi les plus grands, il ne compte pas s’arrêter là.

Entre son regard d’enfant et son look soigné, l’alchimie est parfaite. Tout juste âgé de 30 ans, « Mika » est un « as » de l’acrobatie aérienne. Cet aviateur est le plus jeune pilote à avoir volé pour l’équipe de France. Si 2017 l’a porté aux plus hauts sommets, Mikaël ne cache pas son ambition d’être le numéro un de 2018.

Sa passion pour l’aviation a commencé dès son plus jeune âge. Alors qu’il n’avait que 11 ans, son grand-père l’emmenait à l’aéroclub à côté de chez lui, où il s’est découvert un amour pour les oiseaux de zinc. Un vol a suffi pour provoquer une addiction de l’altitude et des sensations fortes chez Mikaël. Dans les locaux parisiens d’une agence spécialisée dans l’univers du sport, Mikaël Brageot partage sa passion : «J’y suis retourné le week-end d’après, puis le week-end d’après, et ainsi de suite…», raconte le jeune homme, le regard nostalgique.

Du haut de ses 15 ans – âge minimum pour pouvoir voler seul – il passe son premier brevet avec une certitude en tête, «passer [sa] vie dans un voltige». Après avoir intégré l’équipe de France – meilleure équipe du monde – en 2008, il recherche des sponsors. Ce sera «un coup de foudre» avec Breitling, explique-t-il en jetant un coup d’œil sur sa montre de la même marque.

L’envol

En 2014, il intègre la Challenger Class – la sous-catégorie de la Red Bull Air Race. Un an après, il gagne la saison. En 2016, il se fixe un tout nouvel objectif : la Master Class, regroupant l’élite de la voltige. L’année suivante, il arrive dixième sur ce prestigieux classement : «J’en suis très fier. C’est très rare pour un arrivant de finir à cette place. Le plus souvent, ils se retrouvent en fin de classement avec 0 ou 4 points. Moi, je finis à 24», explique-t-il, fière de lui, sans une once de prétention.

Mikaël Brageot est un sentimental. Son plus beau souvenir se place aux prémices de sa carrière, pour une raison bien particulière : «Je pense à ma première victoire en course, à Dallas, en 2014. C’était à une semaine de la naissance de mon petit garçon. L’alchimie de ces deux évènements était vraiment magique».

Le trentenaire est donc jeune papa. Sa femme partage sa passion puisqu’elle est également voltigeuse. Mais vie de famille et sport extrême ne font pas toujours bon ménage, la compétition engendre des risques : «Il est évident que ce n’est pas un job comme les autres. Chaque instant est risqué. Heureusement, des secouristes sont entraînés tous les jours à réagir aux accidents. Ils ne sont jamais bien loin», explique le père de famille, tentant de se rassurer à travers ses mots. «Ce sport est le seul au monde où en une fraction de seconde, on ressent jusqu’à 10 fois le poids de son corps», ajoute-t-il.

« Pourquoi pas devenir champion du monde ? »

Vu sa précocité, sa rapidité de progression et les portes qui s’ouvrent au jeune Français, nul doute qu’il marquera de son aile le futur de ce sport, au-delà de ce qu’il a déjà démontré en 2017.

Le prochain objectif pour Mikaël en 2018 s’élève encore plus haut. «Maintenant que je suis en Master Class – catégorie reine du Red Bull Air Race – mon équipe et moi visons le premier podium. Une fois notre challenge accompli, nous aimerions aller encore plus loin… Pourquoi pas devenir champion du monde ?», s’interroge-t-il plein d’assurance. La prochaine saison débutera le 2 février 2018 à Abu Dhabi pour la onzième année consécutive. Une épreuve aura lieu à Cannes en avril prochain, un premier passage historique dans les airs de l’Hexagone. Un signe du ciel pour ce jeune voltigeur assoiffé d’ambition.

Hippolyte Corneille & Léa Bitton

Écrit par IEJ3B

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