Edouard Philippe : Un vol qui coûte cher

Edouard Philippe, Premier ministre français, le vendredi 1er septembre, lors de l’inauguration de la foire-exposition de Châlons-en-Champagne. (Crédit photo : Perguillaume sous licence CC)

De retour de Nouvelle-Calédonie, Edouard Philippe a utilisé un A340 de luxe qui a coûté 350 000€ au gouvernement. Un choix qui lui a permis de rentrer plus rapidement en France.

350 000€, c’est ce qu’a coûté le voyage retour du Premier ministre d’Edouard Philippe, lors de son déplacement en Nouvelle-Calédonie le 5 décembre 2017. Pour cause, l’homme fort du gouvernement a changé d’avion lors d’une escale à Tokyo.

La première partie du vol s’est effectuée dans un A340 de l’armée de l’Air, un appareil qui avait déjà servi à l’aller pour emmener une grande partie de la délégation.

« J’assume mon choix »

Matignon a justifié ce choix auprès de l’AFP «cet avion ne sert pas en temps normal à transporter ni des autorités militaires ni des membres du gouvernement en long-courrier et de nuit». Toujours d’après le cabinet du Premier ministre, l’appareil qui ne comporte aucun siège business n’aurait été utilisé qu’à titre «exceptionnel» et dans le but de faire des « économies ».

L’ex maire du Havre a ensuite embarqué dans un autre A340 plus luxueux et loué à l’entreprise AéroVision. En effet, cet avion disposait de 100 sièges de type première classe et offrait donc plus de confort à la délégation. De fait, 60 personnes ont pris place dans cet appareil pour un coût total de 6000 € par individu.

Interrogé au micro de nos confrères d’RTL, Edouard Philippe « assume son choix ». Cependant, il comprend que ces sommes puissent choquer. « Dès qu’on parle des déplacements du Premier ministre ou du Président, (ces sommes) sont impressionnantes. Quand j’ai été nommé à Matignon, j’ai été impressionné par les montants en jeu ».

Par ailleurs, ce changement a permis à Edouard Philippe de se poser deux heures plus tôt à Paris. Un impératif puisqu’au même moment, Emmanuel Macron le président de la République s’envolait pour l’Algérie. Or, les textes français obligent la présence du Premier ministre sur le territoire en cas d’absence du président.

D’autre part, un Conseil de Défense auquel devait participer Edouard Philippe se tenait à l’Elysée à 8h.

Aux alentours de 9h30, le premier avion utilisé par les représentants français a atterri à Roissy, presque entièrement vide. Pour l’agence anti-corruption, le Premier ministre a commis « un dérapage alors que les finances de l’État ne sont pas bonnes ».

Pour se dédouaner, Matignon explique que «le coût des vols pour ce déplacement ministériel a coûté 30% moins cher pour l’Etat que le dernier voyage similaire en Nouvelle-Calédonie ». En 2016 Manuel Valls, Premier ministre de l’époque s’était déplacé dans ce territoire d’Outre-mer.

Antoine Ayral

Écrit par IEJ3B