Donald Trump offre ses cadeaux en avance

Donald Trump au CPAC à Washington en 2011 / photo : Gage Skidmore

La nouvelle réforme fiscale proposée par le président américain, Donald Trump, a été votée aux Etats-Unis. Sur la prochaine décennie, le congrès prévoit 1 450 milliards de dollars de baisse d’impôts pour les Américains. «Un grand, gros et bon cadeau de Noël», selon le président en personne.

D’ici dix ans, la baisse des impôts devrait représenter 0,7 % du produit intérieur brut (PIB) des États-Unis. Cela représente une baisse 1 126 milliards pour les particuliers, 650 milliards pour les entreprises et les auto-entrepreneurs, avec une nuance : 324 milliards devront être déduis dû au rapatriement des profits des multinationales à l’étranger.

  • Une réforme qui va plaire aux fameux «1 %»

Ils vont être plus de 170 millions de ménages à profiter au maximum de la reforme fiscale. Au total, c’est 260 milliards de dollars d’impôts en moins pour eux, soit un recul de 8 %.
Pour les fameux «1 %», c’est à dire ceux qui ont un revenu supérieur à 500 000 dollars, leurs économies vont s’élever dès 2019 à 60 milliards de dollars. Cette baisse d’impôt pour les 1 % représente la somme totale que vont se partager 54 % des américains grâce à cette réforme.

La «classe moyenne supérieure» (dont les revenus sont compris entre 100 000 et 500 000 dollars) qui représente 22,5 % des citoyens américains vont quant à eux se partager une baisse d’impôt de 136 milliards.

  • Les plus pauvres «sauvés» par un républicain

22,5 % de la population américaine touche moins de 20 000 dollars par an. La baisse d’impôts les concernant ne représente que 0,15 % du budget de la réforme fiscale de Donald Trump et s’élève à un total de 2,2 milliards. C’est grâce à Marco Rubio, ancien candidat à l’investiture républicaine et actuel sénateur de Floride, qui a exigé que le crédit d’impôt par enfant soit doublé pour atteindre 2 000 dollars.

  • Les entreprises très privilégiées

L’impôt sur les sociétés va voir son taux nominal passer de 35 % à 21 % dès 2018.
A cela s’ajoute plusieurs avantages :

. L’assurance vie permet aux assureurs d’échapper à une surtaxe de 8 %
. Les entreprises d’investissements privés pourront déduire les intérêts d’emprunts
. Les intérêts d’emprunts déductibles sera doublé

  • Les grands gagnants sont les multinationales

2 900 milliards de dollars. Ce sont les profits réalisés par les multinationales à l’étranger, en grande partie Google. La réforme du président Trump prévoit que ces sommes seront imposées forfaitairement. Si les sommes sont «en cash», ce sera 15,5 % et si les actifs sont « non liquides » ce sera 8 %. Le fisc devrait récupérer dans les 2 ans 130 milliards de dollars et plus de 340 sur 10 ans.

  • A tout gagnant il y a des perdants

Les états dit «Socialisés» (Californie, New York, New Jersey…) ne pourront plus déduire leur IR local, soit environ 10 % de leur revenu fédéral.
Mais le grand perdant devrait être…. Donald Trump. Lui qui déclarait en novembre que cette réforme «Allait [lui] coûter une fortune !». Difficile à croire quand on voit les réformes en faveur de l’immobilier ou de la succession (le taux de 40 % de l’impôt sur les successions ne s’appliquera plus qu’à 11,2 millions de dollars, contre 5,6 millions aujourd’hui) et surtout quand le président ne publie pas sa feuille d’impôt.

Kilien Messaï

Écrit par IEJ3B