Don de sperme : « Je veux savoir qui je suis ».

Conçue par insémination artificielle, une jeune avocate de 35 ans saisie la justice pour obtenir des informations sur son père biologique.

« Je ne considère pas mon géniteur comme un  père, (…) mais il fait partie de moi. Ce n’est pas une quête affective (…), c’est juste savoir qui je suis », voilà le combat judiciaire que mène Audrey Kermalvezen* depuis six ans. Elle souhaite obtenir des informations sur son père biologique, ce qui est strictement interdit par la loi bioéthique qui précise que « le don du sperme est anonyme aussi bien pour le couple receveur que pour le donneur. L’enfant est celui du couple qui l’a désiré. »

Après avoir essuyé le refus du tribunal administratif, puis de la Cour administrative d’appel, l’avocate de profession a saisi le Conseil d’Etat car sa demande n’est pas anodine. En effet, son conjoint est lui aussi né grâce au don du sperme, alors comment être certain qu’ils ne sont pas consanguins ?

Cet argument est de poids dans son combat juridique car selon elle, la loi française violerait une décision de la Cour européenne des droits de l’Homme rendue en 1992, qui rappelle que les personnes dans le cas d’Audrey Kermalvezen ont un « intérêt vital à obtenir les informations qui leur sont indispensables pour découvrir un aspect important de leur identité personnelle ».

L’audience du Conseil d’Etat a lieu aujourd’hui, la décision, elle, sera mise en délibéré.

* C’est sous ce nom d’emprunt que la jeune femme a publié un témoignage en 2014. 

Lire aussi : Le malaise d’enfants nés d’un don.

Voir aussi : Starbuck, de Ken Scott.

Sofia De Sa Pereira

Écrit par Sofia Desapereira