C’est une étude qui risque de faire parler d’elle. Une équipe de sociologues a suivi pendant plusieurs mois des terroristes à la recherche d’un emploi. Le verdict est sans appel; indiquer ses penchants terroristes sur un CV baisse considérablement les probabilités de décrocher le poste convoité.

Un constat certain mais une cause inexpliquée

Pascal Tardieu et son équipe de l’Observatoire des Discriminations (ODD) sont formels : faire allusion à une quelconque tendance terroriste sur un CV revient à se tirer une balle dans le pied. Il aura fallu trois ans d’enquête et des centaines de terroristes interrogés pour mettre en lumière cette nouvelle forme de discrimination. Le rapport de l’étude a été rendu public hier en fin de journée, rapport dans lequel Pascal Tardieu souligne certaines zones d’ombre : « Quasi cent pour cent des personnes que nous avons interrogées et qui indiquaient leur tendance kamikaze n’ont pu trouver de travail pendant la durée de l’étude ».

L’association emploi zéro discrimination lutte contre toutes formes de discrimination à l’embauche. Stéphane Bauer, son président, annonce une série de raisons qui expliqueraient ce constat : « Il est vrai que de nombreux recruteurs ou DRH bloquent dès qu’ils aperçoivent le mot terroriste. Les causes d’un tel comportement sont multiples. Premièrement, il est vrai que les terroristes sont des gens en permanence préoccupés par leur passion. Ce qui peut effrayer certain patron ».

La question du CV anonyme

Avec cette nouvelle étude qui pointe une forme d’inégalité peu reconnue jusque là, c’est un débat qui s’ouvre à nouveau. Bien que le ministère du travail n’ait pas encore réagi sur la question, différents acteurs dont Stéphane Bauer veulent remettre sur le devant de la scène l’hypothèse du CV anonyme. Un CV sur lequel ils pourraient assumer librement leur passion tout en cachant leur visage et leur nom.

//cdn.thinglink.me/jse/embed.js

Écrit par Wallis Reboul-Valais