Devenir entrepreneur : les clés pour réussir

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Arnaud Zilliox est PDG et fondateur de Novencia, un cabinet spécialisé en finance de marché et les Big data. Depuis ses 16 ans, il a nourri le rêve de devenir chef d’entreprise et n’a travaillé que 6 mois en tant que salarié au cours de sa vie. Aujourd’hui, il est à la tête d’un groupe dynamique, innovant. Fort de son expérience, il délivre ses clés pour réussir à devenir un bon entrepreneur.

Savoir être patient

« Un bon entrepreneur doit savoir faire preuve de beaucoup de rigueur et de pugnacité dans le temps. Une entreprise ne se crée pas en un an, ni en deux ans. Elle se crée en plusieurs années, et les premières sont souvent très difficiles, il faut donc être persévérant. En gros on ne lâche jamais si l’on veut réussir. »

Savoir rêver

« Un bon entrepreneur c’est aussi celui qui va rêver, parce que sans rêve, on serait immédiatement confronté aux difficultés que l’on doit surmonter. On n’aurait envie de rien faire. Il faut aimer son projet, aimer se projeter, tout en gardant les pieds bien ancrés dans la réalité »

S’armer psychologiquement

« Au cours de son parcours un entrepreneur peut rencontrer des difficultés d’ordre financier. Personnellement je ne me suis pas rémunéré pendant plusieurs années, c’était compliqué au démarrage, je vivais chez les uns, chez les autres… On peut aussi rencontrer des problèmes de trésorerie, parfois on a plus assez de fonds pour pouvoir financer des projets ou rémunérer ses collaborateurs, et psychologiquement c’est assez dur a vivre. Il y a également des déceptions humaines, moi par exemple j’ai eu un détournement de fond, des trahisons, des gens qui essayent d’abuser… Dans la vie de tous les jours c’est aussi des problèmes de clients, des clients qui vous abandonnent, des collaborateurs malhonnêtes… »

Être prêt à faire des sacrifices

« Tout le monde ne peut pas devenir entrepreneur, pour l’être, il faut être prêt à quasiment tout sacrifier, et peu de gens sont capables de le faire. S’il le faut on oublie la notion de vacances, on oublie la notion d’aisance financière, on oublie tout. Et je ne pense pas que tout le monde soit en mesure de faire ce genre de choses. »

Savoir faire face aux imprévus

« Il ne faut pas confondre le business plan que l’on rêve et la réalité, rien ne se passe jamais comme prévu. Jamais. On peut trouver des modèles de réussite comme Facebook ou Google, mais il faut savoir que même eux on eu un démarrage compliqué. Facebook à failli mourir deux fois, par exemple, de même pour Blablacar qui a échappé au pire trois fois. Tout est difficile au début. C’est pourquoi il est nécessaire de toujours garder en tête que ce que l’on envisage va être plus compliqué que prévu pour éviter d’être déçu et d’abandonner.

Constituer la bonne équipe

« Le nerf de la guerre c’est le commerce. Il faut toujours commencer par avoir ce qu’on appelle chez nous un « Found Office », c’est-à-dire une équipe – ou même une seule personne au démarrage – qui soit la bonne personne pour le commerce. Au début cela peut être le fondateur, mais très vite il va falloir qu’il structure l’entreprise, il ne pourra donc pas être en permanence auprès des clients, et il va vite falloir qu’il structure commercialement son entreprise. Je dirais que c’est le recrutement le plus difficile. C’est même le recrutement le plus difficile à faire pour toute entreprise, car c’est à mon sens le métier le plus compliqué. Quand parle de « bons commerciaux » on parle de gens qui sont capables d’ouvrir des portes et non pas simplement d’élever un compte. En général le deuxième poste à mettre en place rapidement c’est la partie gestion pour pouvoir se libérer de l’administratif et rester sur des choses productives en tant que fondateur. Ensuite il faut arriver à structurer un cercle de personnes de confiance autour de soi au niveau RH, marketing… »

Être un bon manager

« Un bon entrepreneur doit pouvoir être un manager positif. Être manager c’est être capable d’emmener ses troupes vers des objectifs bien définis, mais de manière positive et pas sous la contrainte, c’est ce qui permettra aussi à l’entreprise de se développer plus vite. Un entrepreneur veut absolument que ses collaborateurs se sentent bien parce qu’un collaborateur qui s’en va c’est un échec, il faut en rechercher un autre, c’est compliqué »

S’adapter et évoluer

« Il faut aussi savoir se remettre en cause. Un entrepreneur doit être capable d’accepter que ce qu’il a construit doit absolument évoluer, parfois même de manière importante. Être capable de faire des virages et d’anticiper ces virages c’est ce qui fait qu’une entreprise perdure dans le temps. Une entreprise qui n’est pas capable de faire cela ne survivra pas. »

Les pièges à éviter

« Le premier piège c’est de croire que toute activité reste la même de manière immuable. C’est de penser qu’on peut faire tout tout seul, alors qu’ il faut surtout aider les autres à accomplir des  choses. Il faut apprendre à déléguer et à faire monter ses collaborateurs. Quand on se développe, lors des premières embauches par exemple, on essaye de faire des économies. On imagine qu’on peut avoir les meilleures compétences au prix le plus bas, ce qui est une grosse erreur ! On ne fait que perdre beaucoup de temps et c’est parfois ce qui fait que certaines sociétés vont à l’agonie très rapidement au démarrage : au lieu de prendre la bonne compétence au bon prix, c’est-à-dire au salaire qu’elle vaut, il vont aller chercher le salaire le plus bas et pas la meilleure compétence. Quand on embauche quelqu’un, après on peut pas s’en défaire comme ça, donc le piège c’est vraiment de ne pas constituer la bonne équipe. »

Pour soutenir les micros-entrepreneurs et entrepreneurs toujours plus nombreux, des structures leur permettent de développer leur activité. Les incubateurs et les pépinières accueillent ces personnes créatives en leur proposant des bureaux et autres moyens de travailler. Le Labo de l’édition, crée en 2011, accueille actuellement une dizaine de start-ups.


Le Labo de l’édition, un incubateur innovant par IEJNews

Mais concrètement, quelle est la différence entre un incubateur et une pépinière ? Explications avec Sonia Akhtar, Chief Hapiness Officer au Labo de l’édition:


Pépinière, incubateur, quelle est la différence ? par IEJNews

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Écrit par margot.maucuit