Des jeux olympiques masaï pour sauver les lions

Les Masaï ont bondi dans les airs, brandissant leurs lances en guise de javelots. Cette fois-ci, les chasseurs du Kenya n’ont pas tué de lions. Ils ont rivalisé d’adresse lors des seconds « Jeux Olympiques masaï » organisés pour sauver les fauves menacés d’extinction. Depuis 2012, ces jeux sont parrainés par le champion olympique du 800 m David Rudisha.

Chez les guerriers masaï du Kenya, il existe un immuable rite. Au passage à l’âge adulte, les Masaï doivent prouver leur virilité en tuant un lion. Mais aujourd’hui, une campagne de défenseurs de l’environnement tente de les convaincre de remplacer la chasse par le sport. Car les grands fauves se font de plus en plus rares au Kenya, victimes du braconnage et de la raréfaction de leur habitat, grignoté par l’urbanisation. Aujourd’hui, le pays ne compte plus que 2.000 lions, contre 30.000 dans les années 1970.

Organisés au pied du mont Kilimandjaro à 220 kilomètres au sud-est de la capitale, Nairobi, ces jeux masaï veulent offrir aux guerriers une autre manière de prouver leur force.

David Rudisha, lui aussi Masaï, est le parrain de la compétition.

« Je suis heureux d’être ici, parmi les miens, et d’essayer de les convaincre de ne plus tuer les animaux sauvages, parce qu’ils nous apportent beaucoup », a t’il évoqué à l’AFP.

Les épreuves traditionnelles ont été légèrement teintées d’une petite touche locale. Pour remplacer les javelots, ce sont leurs lances acérées que projettent les guerriers. Les massues de bois destinées à se protéger des hyènes (les rungus) remplacent les disques dans l’épreuve du lancer. Spécialité de cette tribu, le « saut en hauteur masaï » est aussi à l’honneur. Les guerriers bondissent dans les airs à la verticale et non au dessus d’une barre.

Les deux meilleurs athlètes ont gagné l’opportunité d’un voyage à New York pour concourir au marathon 2015.

Augustin Rizzo

Écrit par aumaza