Départementales : le FN à l’assaut de l’Aisne

Une victoire du FN au premier tour ? D’après un sondage Odoxa, le parti d’extrême-droite serait vainqueur à 41 % dans l’Aisne. Le FN pourrait remporter assez largement une victoire historique dans le département.

«S’il y a un endroit où on peut gagner, c’est bien dans l’Aisne », pronostique Marine Le Pen. L’Aisne a toujours été un département important pour le FN qui y augmente ses scores à chaque scrutin. Lors des européennes de mai dernier le FN avait obtenu 40,02% des voix, presque le double des présidentielles où Marine Le Pen avait réalisé un score de 26,33%.

Un département « ravagé par le mondialisme »

«Le département est touché par l’abandon des pouvoirs publics et le mondialisme y a fait ravages. C’est la France des oubliés», résume Nicolas Bay, secrétaire général du FN. Pour lui la sociologie du département colle à la stratégie du parti qui y voit « une zone de force« .

«Sociologiquement, il y a tous les ingrédients pour une victoire : c’est un électorat très peu diplômé, très peu politisé, précarisé, avec beaucoup d’employés, d’ouvriers, dans une zone périurbaine» explique Sylvain Crépon, chercheur à l’université de Tours, spécialiste du FN.

Un chômage massif dans l’Aisne

Le département a été victime en 15 ans d’une augmentation massive du chômage, près d’un tiers des emplois industriels ont été supprimés alors que 18,1% de la population se situe dans ce secteur. Avec 14%   de chômeurs contre 9,9% en métropole, l’Aisne est l’un des départements plus touchés par la crise.

«On est ici entre la France des métropoles pourvue en infrastructures et celle de la ruralité profonde qui a ses propres modes de régulation. On peut y observer toutes les tensions relatives au front de périurbanisation, d’autant plus que le FN n’est le bastion d’aucune force politique» explique Joel Gombin, journaliste politique.

Le PS sur la route du FN

Malgré les éléments favorables, rien n’est gagné pour le parti de Marine Le Pen, le PS a décidé de barrer la route au parti frontiste et en cas de second tour le FN ne serait pas favori.

«Il y a 21 cantons, ce qui nécessite de l’emporter dans 11 d’entre eux pour obtenir la majorité», rappelle pour sa part Yves Daudigny, le président PS sortant du Conseil général également candidat. Pour lui le FN aura du mal à remporter plus de 3 cantons, d’autant plus que le parti ne pourra pas compter sur des alliances quand le PS pourra compter sur le Front Républicain en dernier recours.

Néanmoins le sondage de l’Odoxa affirme que près de 28% de ceux qui ont voté pour François Hollande en 2012 se sont tournés vers le FN depuis. « C’est la preuve que les classes populaires ont le sentiment que le gouvernement leur mène la guerre », c’est exprimé la présidente du Front national.

 

Thomas Sainjon 

Écrit par tomandrea