Dépakine, un scandal vieux de 50 ans

Le gouvernement a proposé la mise en place d’un amendement permettant la création d’un fond d’indemnisation pour les victimes de la Dépakine. La décision est prise en 2016, mais ce scandale prend ses origines dans la seconde moitié du XXème siècle. Genèse d’un scandale sanitaire.   

Lancé en 1967 par les laboratoires Sanofi, la Dépakine est un antiépileptique dont l’une des molécules est jugée responsable de nombreux torts : le valporate de sodium; molécule retrouvée dans des génériques, eux mêmes issus des laboratoires Sanofi. Pendant des décennies, des femmes enceintes se voient prescrire ce médicament. Celles-ci sont sujettes à un risque élevée – de l’ordre de 10% – d’accoucher d’enfants souffrant de malformations et de près de 40 % d’enfants sujets à l’autisme.

En tout, on estime le nombre de victimes entre 50000 et 70000, selon Marine Martin, président de l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant (Apesac).

Risques connus, médicaments toujours prescrits

Les risques étaient connus mais le médicament est resté prescrit. Les victimes ont de quoi grincer des dents. La prise de conscience est lente, très lente. Ce n’est pas sans  rappeler un autre scandale sanitaire : le Médiator.

Pendant une vingtaine d’années, le gouvernement aura fait la sourde oreille face à l’accumulation de victimes. La Dépakine sera finalement retirée de la vente en 2014. Trop tard.

L’Etat, les médecins et le laboratoire pharmaceutique français devront mettre la main à la poche pour des indemnisations susceptibles d’être versées à l’été 2017.

Marie Broyer

Écrit par Marie Broyer