David, gérant, met la clef sous la porte à cause des soldes

Depuis neuf ans, David, trentenaire, gère une boutique de prêt-à-porter dans le centre de la capitale. Un business familial qui souffre aujourd’hui. La conjoncture et le déclin des ventes pendant les soldes risquent de lui faire mettre les clés sous la porte.

L’endroit est clair, les chemises et blazers sont soigneusement rangés par couleurs. David, rasé de près et costume trois pièces sur-mesure, pianote sur l’ordinateur du bureau, situé au fond du magasin. D’entrée, le jeune homme, amer, évoque la conjoncture difficile et le poids des soldes qui lui font perdre de l’argent :

« Avant, les soldes, c’était top. Cela permettait d’écouler la marchandise, tout en fidélisant de nouveaux clients susceptibles de revenir hors période de promotions. »

Sauf que le e-commerce, les ventes privées et les grands groupes sont passés par là. De nombreux petits commerces comme celui de David doivent désormais se contenter uniquement des périodes de soldes définies par la loi pour proposer des rabais. Pourtant, les grandes enseignes proposent déjà des promos en tout genre.

« Sur les vitrines des grands magasins, les autocollants -30%, -40%, -50% sont déjà partout, pourtant les soldes ne sont pas encore lancées, c’est ça qui nous tue ! »

D’où la difficulté de subsister pour David. L’attentat de Charlie Hebdo est tombé le jour du coup d’envoi des soldes d’hiver 2014, faisant fuir les clients. La fréquentation a été meilleure en 2015, mais pas suffisante pour redresser les comptes. Le surplus de chiffre d’affaires de son magasin n’a pas dépassé 10%. Janvier, un mois normal ? Presque… Le jeune homme a dû se séparer de son vendeur en cours d’année.

Selon Michael Dahan, membre de la Fédération française des associations de Commerçants, David n’est pas un cas isolé :

« Beaucoup de petits commerces souffrent des promotions et ventes privées des grandes enseignes. C’est encore pire en province, ou depuis deux ou trois ans, de nombreux artisans et vendeurs textiles ont du fermer boutique.« 

Pour David, la décision est prise : 2017 sera sa dernière année en tant que vendeur de costumes. L’homme a décroché une formation de cuisinier et, une fois son affaire vendue, il souhaite ouvrir un restaurant.

Chesnais-Poler Raphaël

 

Écrit par Raphael Poler