David Djian, l’entrepreneur qui a de la bouteille

CEUX QUI VONT MARQUER 2018. L’entrepreneur de 23 ans entend imposer son concept permettant de réserver, à moindre frais, des tables dans des boîtes de nuit.

Fraîchement revenu du Canada, où il a vécu ces quatre dernières années, David Djian nous accueille dans son appartement parisien au cœur du XVIème arrondissement, non loin de la place Victor Hugo. Cet entrepreneur parisien de 23 ans, fraîchement diplômé d’école de commerce, prépare ses rendez-vous. Il doit rencontrer dans la soirée plusieurs directeurs d’établissements nocturnes afin de promouvoir l’application qu’il a créé, avec l’espoir d’aboutir à des partenariats.

David Djian a toujours été attiré par le milieu de la nuit. Ses parents étaient des réguliers, l’amenant très jeune à fréquenter des boîtes de nuit à Paris, Courchevel ou encore Saint-Tropez. Il connaît par cœur le fonctionnement de ces soirées huppées et ne s’en lasse pas. Au point qu’il a eu l’idée de mettre en place un concept pour faciliter le système de réservation de tables.

L’idée émerge un soir de septembre 2016. David Djian vit alors à Montréal avec son coloc Mekki, étudiant dans la même école que lui, et par ailleurs DJ qui mixe régulièrement dans les soirées canadiennes.

Alors que les deux amis tentent de réserver une table en boîte de nuit, afin de bénéficier du service de bouteille (proposant un espace privatif, d’éviter de faire la queue, etc), ils se retrouvent plantés par tous leurs amis. Difficile alors de débourser à deux les 250 euros requis au minimum. Ils fouinent alors pour dénicher un service permettant de réserver en ligne un accès à une boîte de nuit. Rien. 

Naît ainsi BottleBond, une appli permettant de privatiser une table et des bouteilles d’alcool avec son propre groupe d’amis ou avec des d’autres utilisateurs inconnus.

L’appli est d’abord éprouvée en interne, par l’intermédiaire de Julien, un programmateur français, avant d’être lancée officiellement à la fin mars 2017. Sans grand succès. Le design rebute et les utilisateurs ne comprennent pas vraiment le fonctionnement, malgré l’intérêt pour le concept.

L’intuitivité est revue. Tout comme la possibilité de se rapprocher d’inconnus pour partager les frais d’une table. « Avant de développer une app, il faut avoir beaucoup de crédibilité et une bonne base d’utilisateurs« , estime David Djian.

L’appli s’est perfectionnée depuis son lancement montréalais. Elle propose désormais les dernières actualités des lieux de la nuit ou encore un système de jeu est proposé pour fidéliser les clients. Plus on utilise l’application, plus on gagne des rabais. « L’application est le plug [l’intermédiaire] entre le client et la boîte de nuit », résume David Djian, dans un franglais caractéristique.

À Montréal, David et Mekki travaillent aujourd’hui avec une quinzaine de boîtes de nuit et l’application totalise 5.000 utilisateurs. Ils s’attaquent maintenant à Paris, ville dans laquelle ils ont grandi et fait la fête plus d’une fois. Ils savent qu’ils vont devoir s’adapter à un autre type de clientèle et à un autre fonctionnement avec différents critères.

Pour l’instant, ils ont déjà réussi à obtenir l’accord de quatre directeurs d’établissements nocturnes parisiens de luxe. Bernard Galon, quadragénaire aux cheveux peignés en arrière, en fait partie.

Il dirige une boîte de nuit sur les Champs-Élysées depuis plus de 15 ans. S’il a accepté de travailler avec BottleBond, c’est parce que « ce sont ce genre de jeunes qui détiennent les clés de la nuit, ils sont en adéquation avec le marché que l’on cible. L’application facilite le déroulement des soirées, fait de la pub pour nos événements et tout le monde y trouve son compte. »

David Djian est confiant quant à l’évolution de son application et pense faire un lancement officiel en France en mai 2018.

Clément Briole et Mikael Marciano

Écrit par Clement Briole

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