Damso, artiste francophone 2017

Damso/crédit photo Youtube  

Il a suscité des polémiques, des passions, de multiples récompenses, Damso est sans conteste l’artiste francophone le plus marquant de l’année 2017. Après la sortie d’Ipséité, le rappeur belge est devenu, pour le public et pour ses pairs, un des meilleurs rappeurs de sa génération.

La chanson officielle de la Belgique pour la Coupe du monde sera composée et interprétée par Damso, ce qui illustre un peu plus la place qu’occupe le rappeur dans le paysage musical belge. Adoubé par ses pairs comme par la presse spécialisée, Damso a imposé son rap anxieux et remplit de métaphores, à mi-chemin entre l’égo-trip et l’examen de conscience, «Damso dis-moi qui es-tu ?» s’interroge-t-il dans son titre «Kietu».

Un peu comme son plus grand rival et son meilleur ami dans le rap, Booba, Damso est un néolibéral assumé, un capitaliste qui transforme tout ce qu’il touche en or. En témoigne sa nouvelle marque de vêtement «Rosemark» qui commence à prendre de l’ampleur. Cette nouvelle place dans l’industrie musicale, Damso la doit en grande partie au rappeur de Boulogne, Booba, qui l’a invité sur le titre «Pinnochio», extrait de l’album Nero Nemissis.

Une écriture noire

Un couplet magistral de Damso va propulser le morceau en haut des charts de 2015. Le rappeur d’origine congolaise va ensuite se servir de son nouveau succès pour sortir son premier album en 2016, Batterie faible. Un opus encensé par la critique mais qui n’est qu’un «apéritif» pour Damso avant le deuxième album. Le golgoth de 1m92 a travaillé «des centaines d’heures d’écoute d’instrumental et de travail d’écriture» afin de réaliser son deuxième album, Ipséité.

«C’est vraiment l’album que je rêvais de faire depuis que je suis tout petit» a-t-il déclaré en parler de son deuxième opus. Céline, Rimbaud ou encore Antonin Artaud, les comparaisons sont souvent mais peuvent paraître déplacées. À l’image de Booba, Damso développe un concept d’écriture propre au rap, «la métagore». Figure de style à image ultra-violente, cette prouesse stylistique est poussée à outrance par Damso dans Ipséité.

Au milieu des récits de baise hardcore et des vulgarités débitées comme des uppercuts surgissent une intensité dramatique que le rap n’avait pas connu depuis longtemps. Une vulgarité qui plaît et qui revendique dans toutes ses chansons.

Jules Montané

Illustré par Marie Bloeme

Edité par Elisa prejeant

Écrit par IEJ3B